RÉFLEXIONS pour Jr 25:1-38
Dieu envoie une catastrophe sur Son peuple... Cette formulation provoquera peut-être chez beaucoup d'entre nous de l'incompréhension et de la protestation : Dieu ne fait pas le mal, ne cause pas la souffrance et n'a rien de commun avec la mort. Comment Jérémie peut-il voir derrière tout cela la volonté de Dieu ? Nous ne le comprenons pas ; les habitants de Jérusalem, sûrs de leur sécurité, ne le comprenaient pas ; et le prophète lui-même ne le comprenait pas—le lien entre Dieu et la catastrophe, évident à ses yeux, devint la tragédie de sa vie. Il est impossible d'admettre la foi en un Dieu méchant et vindicatif : la vie deviendrait alors un cauchemar et la foi une absurdité. Et il est impossible—du moins pour Jérémie—de voir dans ce qui arrive un processus indépendant de Dieu : Dieu ne peut pas « perdre le contrôle de la situation », Il ne peut manquer de sauver ceux qu'Il aime, même s'ils Lui sont infidèles. Il reste deux chemins. On peut diviser le monde entre ceux que Dieu aime et ceux qu'Il hait—c'est le chemin le plus facile et le plus absurde. Ou bien on peut frémir devant le mystère du mal, sachant et croyant que le mystère de Dieu est néanmoins plus profond et plus fort.
