RÉFLEXIONS pour Matteo 5:17-32 — le 7 avril 2020

RÉFLEXIONS pour Мф 5:17-32

Dans Ses entretiens avec les disciples et dans Ses prédications, Jésus parle souvent de la Torah et de la manière correcte de la comprendre. Dans le texte synodal, la Torah est généralement appelée la « Loi ». Bien que cette traduction soit formellement correcte, elle ne rend pas pleinement le sens du mot hébreu correspondant. La Torah est plus qu’une simple loi au sens où nous employons habituellement ce mot, plus qu’une législation ou l’ordre juridique qu’elle définit. Elle suppose aussi un mode de vie conforme à la loi, y compris l’état intérieur et spirituel correspondant à ce mode de vie. À l’époque évangélique, la notion de « Torah vivante », que tout Juif croyant devait idéalement devenir, s’était assez largement répandue dans les milieux rabbiniques et dans la Synagogue en général. On entendait par là un état spirituel dans lequel la Torah devient intérieurement inhérente à la personne et détermine toute sa vie dans toutes ses manifestations. Cette compréhension était très proche de Jésus. Ce n’est pas par hasard qu’Il dit Lui-même qu’Il n’est nullement venu détruire ou modifier la Torah, mais la porter à sa plénitude (v. 17 ; dans la traduction synodale, cette pensée est rendue par le mot « accomplir »). Et la première chose sur laquelle Il attire l’attention de Ses auditeurs, ce sont leurs intentions ou, comme disent aujourd’hui les psychologues, leur intentionnalité. Si tu hais, considère-toi comme un meurtrier (v. 21–22) ; si tu convoites, considère-toi comme un débauché (v. 27–28). Autrement, selon la parole de Jésus, notre justice ne dépasse pas les limites de la religiosité ordinaire, elle « ne surpasse pas la justice des scribes et des Pharisiens » (v. 20), qui, étant profondément religieux, observaient bien entendu extérieurement, au niveau du comportement, tous les commandements du Décalogue. Mais cela, à ce qu’il apparaît, ne suffit pas pour le Royaume. Il ne s’agit pas d’exigences délibérément exagérées pour être « plus saint que tout le monde ». Simplement, dans ce monde, nos actes déterminent notre qualité et notre état spirituels, tandis que, dans le Royaume, ce sont nos intentions. On pourrait dire que, dans notre monde déchu, nous sommes ce que nous faisons, alors que, dans le Royaume, nous deviendrons ce que nous désirons. Si, tout en haïssant quelqu’un, nous nous abstenons de le tuer pour l’amour de Dieu, c’est un accomplissement spirituel important pour notre monde déchu. Mais pour le Royaume, c’est un échec. Le niveau spirituel si élevé fixé par Jésus est nécessaire pour nous préserver d’un tel échec.