RÉFLEXIONS pour Est 4:12-14
Vivre, comme on le sait, peut se faire de bien des manières. Et pas seulement en ce qui concerne le mode de vie ou les occupations. Une seule et même vie, les mêmes événements, peuvent être vécus et traversés à des niveaux différents de conscience et de compréhension. Alors, selon le niveau de cette conscience, il en résulte parfois des vies très différentes, très dissemblables. Voici, par exemple, qu’un homme se retrouve... disons, dans un palais royal. Qu’est-ce que cela signifie ? La faveur du destin ? Peut-être. La chance, un heureux hasard ? Sans doute, oui. Même si, bien sûr, dans la vie tout arrive, et le palais royal ne se révèle pas toujours un lieu confortable et sûr. Mais qu’est-ce que la chance, la faveur du destin ? Qu’est-ce que le destin tout court ? La Bible ne connaît pas de notion comme le destin, la fatalité, le fatum et autres semblables. Dans le monde, rien n’est prédéterminé d’avance.
Mais il y a le dessein de Dieu, et il y a la liberté de l’homme de suivre ou de ne pas suivre ce dessein. La plupart d’entre nous, humains vivant dans un monde déchu, ne choisissons pas même la moitié des situations où nous nous trouvons. Mais dans toute situation, il ne dépend que de nous de répondre à la question de savoir comment nous agirons et quel choix nous ferons lorsqu’il faudra choisir. Et notre choix dépendra de l’endroit d’où nous regardons la situation où nous nous sommes trouvés. De l’intérieur, en restant sa partie intégrante, pour ainsi dire un élément du paysage ou du décor ? Ou de l’extérieur, là où est Dieu, qui a créé cette situation par Sa volonté ou par Sa non-intervention ?
Si c’est de l’intérieur, alors c’est la chance, le heureux hasard. Alors : profite de l’occasion et ne fais rien qui puisse te l’enlever. Ne sois pas idiot et ne fais pas de sottises. Si c’est de l’extérieur, là où est Dieu, alors il ne reste que la volonté de Dieu comme unique impératif intérieur. Un impératif absolu, contre lequel on ne peut agir. Non parce qu’il n’y a pas de choix, mais parce qu’il faut choisir entre soi-même véritable et ce qui te détruira.
Mardochée pose à Esther cette unique question qui compte dans leur situation : quelle vie choisis-tu ? Celle de Dieu ou la tienne ? De sa réponse dépendait l’avenir de la communauté juive de Babylone. Mais avant tout, son propre avenir. Sera-t-il lié au grand monde de Dieu ou à un petit monde humain, séparé de ce grand monde ? Au monde où l’on peut mourir physiquement sans périr spirituellement, ou à un petit monde où l’on perd même la vie que l’on croyait avoir réussi à garder.
