RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Lc 2:1-20

Chaque évangéliste décrit la Nativité du Christ à sa manière, en prêtant attention aux événements qui lui paraissent les plus importants. Parmi les événements de la Nativité, Luc accorde une attention particulière aux signes que Dieu donnait pour indiquer la messianité de Jésus. Le premier de ces signes fut la révélation reçue par les bergers qui se trouvaient non loin de Bethléem (v. 8). Le sens de la révélation était tout à fait clair. L’ange apparu aux bergers leur dit directement que le Messie attendu par le peuple est né, et la joie céleste éclatante confirme l’importance de ce qui se passe (v. 9-14).

À première vue, les bergers ne sont pas les personnes les plus indiquées pour entendre les premiers la nouvelle de la naissance du Messie. Ils ne possédaient ni pouvoir, ni autorité, ni savoir. S’ils avaient voulu raconter ce qu’ils avaient vu, on les aurait crus en dernier, si même on les avait crus. Au premier regard, on peut penser que de telles personnes sont peu concernées par les événements de la vie spirituelle, car elles ne ressemblent en rien aux militants religieux qu’étaient, par exemple, les pharisiens, absolument convaincus qu’eux, bien sûr, rencontreraient le Messie avant les autres.

Mais le Christ, visiblement, vient vers chacun, et pas seulement vers ceux qui mènent une vie religieuse intense. Il vient vers ceux qui L’attendent et qui sont prêts à L’accueillir. Or cela ne dépend pas toujours de l’activité religieuse d’une personne. Paradoxalement, une telle activité peut parfois même faire obstacle. Les bergers sont des gens simples, et leur réaction à la révélation reçue est elle aussi simple : allons voir (v. 15) ! Et lorsqu’ils arrivèrent à Bethléem et y virent l’enfant Christ, ils racontèrent simplement, comme ils le pouvaient, ce qu’ils avaient vu (v. 16-18). Puis ils repartirent en glorifiant Dieu pour la naissance du Messie promis (v. 20).

Il suffit de comparer ce simple récit-témoignage aux controverses théologiques que presque chaque parole et chaque acte de Jésus provoqueront chez ces mêmes pharisiens et chez les maîtres de la Torah pour comprendre pourquoi ce sont précisément les bergers qui reçoivent la révélation de la naissance du Messie. Si des rabbins savants s’étaient trouvés à leur place, la Vierge Marie aurait très probablement attendu encore longtemps le témoignage sur la naissance du Christ, si important pour elle (v. 19) : car avant de reconnaître qui que ce soit comme Messie, il fallait examiner l’affaire avec soin. Mais Dieu a plus souvent besoin de témoins que de théologiens. Il n’a pas besoin que nous analysions et évaluions Ses œuvres. Il Lui suffit pleinement que d’autres les entendent de notre bouche.