RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Jb 20:1-29

Dans les paroles de Job, Sophar n’a entendu qu’un reproche dont il s’est offensé, et il se hâte de déverser sur lui un nouveau flot d’accusations. Voici encore un discours qui aurait pu être tout à fait approprié s’il avait été prononcé au bon moment et adressé à la bonne personne. Malheureusement, comme beaucoup d’accusateurs de toutes les époques et de tous les peuples, habitués à parler sur le mode du monologue, Sophar n’entend ni Job ni même ses propres paroles, et il est incapable de se regarder de l’extérieur. Le nom de Sophar lui-même signifie d’ailleurs « bavard ».

Quant au contenu des discours de Sophar, ils sont remplis d’une confiance optimiste non seulement dans le triomphe inévitable de la justice, mais aussi dans l’idée que la défaite du mal ne peut qu’être rapide : « le triomphe des méchants est bref, et la joie de l’impie ne dure qu’un instant ». Mais il faut reconnaître qu’un tel optimisme est superficiel et léger.

Et pourtant, même parmi les erreurs, il peut se trouver quelque chose de raisonnable. Si l’on tient compte du fait que, devant Dieu, mille ans sont comme un jour, alors, avec cette correction, on peut accepter le raisonnement de Sophar. Car les forces du mal sont véritablement destinées à subir la défaite.