RÉFLEXIONS pour Mc 8:1-26
Le passage d'aujourd'hui nous ramène une fois encore au récit du miracle de la multiplication des pains. Ce n'est assurément pas par hasard que l'évangéliste s'attarde avec tant de détails sur cet événement, soulignant à plusieurs reprises que les apôtres ne comprennent pas le sens de ce qui se passe (v. 15-21). Or, l'avertissement contre le « levain des pharisiens et d'Hérode » (v. 15) est précédé ici de la mention de la controverse entre Jésus et les pharisiens, qui Lui réclamaient un « signe » (v. 11). Le sens de cette controverse devient plus clair si l'on garde à l'esprit que les pharisiens avaient leur propre conception théologique, assez élaborée, de ce que devait être le véritable Messie-Christ, de la manière et du moment précis où Il devait apparaître, ainsi que des phénomènes naturels et surnaturels qui devaient accompagner Son apparition. Apparemment, les pharisiens réunis exigeaient que Jésus leur montre quelque chose qui les convainque qu'Il était vraiment ce Messie-Christ qu'ils attendaient. Mais Jésus refuse, puis Il parle à Ses disciples du danger du « levain des pharisiens et d'Hérode » et, en réponse à leur perplexité, leur rappelle le miracle de la multiplication des pains. Rien d'étonnant à cela : c'est précisément dans ce miracle que les traits du Royaume de Dieu que Jésus apporte au monde sont apparus de manière parfaitement visible et manifeste à beaucoup. Mais de tels témoignages ne satisfont pas les pharisiens, plongés dans leurs propres théories théologiques. Il leur faut des signes qui confirment la justesse de ces théories, tandis qu'un Royaume qui ne leur correspond pas leur est manifestement inacceptable. Face à une telle attitude de rejet décidé d'avance, toute preuve est bien sûr inutile, et cette attitude elle-même empêche souvent de voir l'évidence. Voilà pourquoi Jésus avertit Ses disciples du danger du « levain des pharisiens ».
