RÉFLEXIONS pour Lc 16:15-18
La Bonne Nouvelle apportée par le Christ possède une qualité étonnante. D'un côté, la Loi s'y tient avec une force, une fermeté et une sainteté incontestables. « Mais il est plus facile que le ciel et la terre passent que ne tombe un seul trait de la Loi », dit la lecture évangélique d'aujourd'hui. De l'autre côté, celui qui la transgresse est pardonné, et il n'est pas pardonné seulement par Dieu. Le Seigneur nous appelle nous aussi à Lui ressembler dans ce pardon sans limites : « Si ton frère pèche contre toi, reprends-le ; et s'il se repent, pardonne-lui ; et s'il pèche contre toi sept fois par jour et que sept fois il revienne à toi en disant : Je me repens, pardonne-lui. » Avec notre seule intelligence humaine, il nous est très difficile de saisir la distance infinie qui sépare ces aspects de l'annonce du Christ. Si nous nous établissons dans un principe avec autant de fermeté que la Loi, nous cherchons à écarter, détruire et réprimer tout ce qui ne s'inscrit pas dans ce principe, tout ce qui le contredit. Il ne nous est pas donné de comprendre ce difficile dualisme spirituel où la Loi demeure et où celui qui l'a transgressée est pardonné. Mais parfois, au contraire, nous nous habituons tellement à l'idée de la miséricorde de Dieu que nous cessons de nous émerveiller du miracle et du caractère presque contre nature d'un tel dualisme. Dans ce cas, cependant, le Seigneur trouvera toujours le moyen de renouveler notre confiance.
