RÉFLEXIONS pour 2M 12:45 — le 2 novembre 2019

RÉFLEXIONS pour 2M 12:45

Les livres bibliques nous disent peu ou presque rien de l’après mort, le bien ou le mal. La tradition païenne à cet égard est plus informative : et dans la religion égyptienne, et grecque il n’y a pas seulement la doctrine élaborée de l’après mort, mais aussi tout à fait l'idée de la récompense posthume. La Bible est concentrée entièrement non pas sur l'existence posthume, mais sur cette résurrection générale, qui attend tout un chacun le jour du Jugement et de l'arrivée du Messie. Et ce peu qui est dit dans la Bible de l’après mort, n’est pas comme telle une réflexion proprement des traditions yahvistes. Plutôt on peut parler ici de la tradition pré-yahviste, prébiblique, des éléments séparés qui sont entrés dans le yahvisme et ont été reflétés dans la Bible.

Telles sont les représentations bibliques du Shéol, du monde des ténèbres, où après la mort se trouvent tous sans exception et où il n'y a pas de différence entre ceux qui dans le monde vivant étaient justes, et ceux qui pendant leur vie terrestre péchaient. Telles sorte de représentations étaient propres à presque tous les peuples de la terre encore au temps de la préhistoire, et il n’y a proprement rien de yahviste dans les représentations sur le Shéol. C’est notamment à la base de telles représentations que se développaient par la suite dans certaines religions païennes (en particulier, égyptienne et grecque) les représentations les plus récentes sur la récompense posthume.

Et tout de même quelques représentations sur l’après mort, les alternatives de ce qu’on a lié à l'image du Shéol, sont apparues dans le yahvisme, bien que cela se soit produit bien tard, plus tard, que chez les peuples voisins. Mais elles aussi étaient inséparables des représentations de la résurrection générale. Comme on voit, pendant les guerres des Maccabées (près du milieu du II s. avant J.C.) elles étaient déjà assez largement répandues. Le fait est que le Shéol par sa nature se présentait aux croyants yahvistes comme une place assez sombre, dont les justes ne méritaient pas du tout. Probablement, c'est pourquoi déjà à la période de hellénistique ont commencé à se former dans le yahvisme des représentations sur l’après mort, plus convenant au juste. Toutefois, ils se distinguaient tout de même foncièrement des représentations correspondantes des peuples voisins, par exemple, des égyptiens.

En Egypte, comme partout dans le monde païen, l’après mort était d'habitude pour l’homme un état définitif (la doctrine de la réincarnation n'a pas reçu une large expansion dans la région du Moyen-Orient); du point de vue yahviste, elle était un état intermédiaire, en précédant le jour du dernier Jugement et de la résurrection générale, lorsque chaque juste recevra sa récompense. Il s'agissait seulement de l’endroit où le juste devait passer le temps séparant le jour de son décès au jour du Jugement. Dans la période hellénistique la réponse à cette question est devenue la représentation de l’après mort du juste, qui soit s'endort dans un sommeil reposant profond pour se réveiller le jour de la résurrection générale et recevoir la récompense méritée, soit sombrer dans un état de calme et profonde contemplation de la gloire de Dieu, d’où tout sort ce même jour du Jugement.

Comme on voit il n’y avait pas d’opinion commune relativement à l’après mort du juste, mais on supposait que, dans tous les cas, il évite le Shéol. C’est notamment pour l'éviter de manière garantie, qu’on faisait parfois des sacrifices purificatoires pour les morts récents, surtout lorsqu’ils avaient l'intention de les faire, mais n'avaient pas le temps de faire à cause de leur mort subite. Il n’y avait rien de surprenant ici : car les justes, comme était supposé, vont pas dans le Shéol, mais directement au trône de Dieu, là, où, selon les représentations courantes dans cette époque, s'élevait l'encens des sacrifices. Dans un tel cas le sacrifice n'était pas vain : elle était comptée au juste ressuscitant le jour du jugement.