RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour 3 Esd 1:33

Dans le Livre des Psaumes, les pécheurs sont souvent comparés à la balle emportée par le vent. Cette comparaison est pleinement justifiée si l'on garde à l'esprit son sens spirituel: il s'agit de ce qu'on appelle d'ordinaire la plénitude spirituelle de l'homme. Et la vie elle-même, dans la Bible, est généralement perçue, d'une part, comme le souffle que Dieu «insuffla» dans les narines de l'homme lors de la création, et d'autre part comme la force qui remplit l'homme tant qu'il vit (dans la traduction synodale russe, on l'appelle d'ordinaire «âme», bien que le mot hébreu correspondant ait peu de rapport avec ce que nous appelons aujourd'hui âme, en pensant au principe personnel de l'homme). Lorsque cette force quitte l'homme, il meurt, devient une ombre; il ne reste de lui qu'une enveloppe vide de ce qu'il était auparavant, dans le monde des vivants. Or l'homme déchu (et les personnes ayant une expérience spirituelle l'ont toujours senti) ne participe pas à la vie dans toute la plénitude qui lui serait accessible même dans un état non transfiguré, s'il était libre du péché. Le chemin de la justice, qui rapproche l'homme de Dieu, est appelé dans les livres bibliques chemin de vie, entre autres pour cette raison: il rapproche l'homme de la Source de la vie et donne l'espérance qu'un jour celui qui marche sur ce chemin obtiendra la vie dans toute sa plénitude. L'auteur du Livre d'Esdras applique les mêmes représentations au peuple dans son ensemble. Mais si, à propos d'un individu, il faut parler de son chemin terrestre, qui s'achève par la mort et la résurrection au jour du Jugement, à propos d'un peuple il faut parler de son histoire, qui doit s'achever, avec la venue du Messie, par l'avènement du Royaume messianique. Mais le peuple vivra-t-il jusqu'à ce jour? Ne sera-t-il pas dispersé sur la terre? Ici encore, tout dépend manifestement de la plénitude spirituelle. La mort historique d'un peuple, comme la mort physique d'un homme, dépend de cette force vitale que Dieu lui donne comme Il la donne à un homme particulier. Et, comme dans le cas d'un homme particulier, il dépend seulement du peuple lui-même de savoir ce qu'il fera de ce don de Dieu.