RÉFLEXIONS pour Mi 6:8 — le 9 août 2019

RÉFLEXIONS pour Mi 6:8

Au temps du Deuxième Temple, après la captivité Babylonienne, dans les cercles des théologiens judaïques étaient populaires de courtes une deux phrases définitions de ce, en quoi consiste le sens de la Torah. Mais, comme on voit, les racines de cette tradition rabbinique d’après captivité partent de la tradition prophétique, encore d’avant captivité. Michée donne une telle définition amène, soulignant la chose la plus importante dans la Torah : un juste jugement, aimer la bonté (c’est notamment ainsi dans le texte juif) et la modestie ou la retenue devant Dieu (ce que dans la traduction Bible de Jérusalem est appelé «marcher humblement»). Apparemment, une telle définition ne devrait pas être considérée universelle : car ce n’est pas tout le monde qui est juge, ce n’est pas tout le monde qui rend des définitions judiciaires.

Mais le prophète parle du jugement dans un sens plus large. En effet, la Torah a été donnée non pas pour condamner le voisin, mais pour qu'il puisse l'utiliser, comme un outil à la prise de décision, correspondante à la volonté de Dieu, dans cette situation concrète, dans laquelle il lui arrive de prendre cette décision. Et dans une situation concrète chacun s’avère juge pour lui-même : car il arrive à chacun d’évaluer lui-même et la situation, et les actes de tout un chacun, ayant un rapport avec elle, et son propre choix. Le bon choix est la base fondamentale, quand il s’agit de l'observation de la Torah. Mais le bon choix est possible seulement dans le cas où l’homme est orienté dès le début vers la miséricorde (ce que le prophète appelle aimer la bonté).

Comme on voit, une telle orientation n'était pas du tout une particularité exclusive des révélations du Nouveau Testament. Une autre chose est que sans une telle orientation spirituelle, il est simplement impossible d'exister dans le Royaume. Mais aussi avant l'arrivée au monde de Christ les prophètes et les justes savaient que l'observation de la Torah sans miséricorde est impossible. En effet : la Torah suppose la présomption d'innocence, en plus pas seulement juridique, mais aussi spirituelle et morale, et la propose au monde des gens déchus, qui ne peuvent pas par définition agir conformément aux commandements donnés par Dieu sans des efforts spéciaux.

Dans un tel monde, pour ne pas condamner de tels gens d'avance, pour ne pas initialement voir dans leurs actions et actes des intentions pires, il faut la miséricorde, il faut être prêt à donner à chacun la chance de se manifester comme une bonne personne, que celui, dont il s’avérera le plus probablement, en vertu de sa nature déchue. Et être prêt à respecter les commandements de Dieu même par rapport à celui qui ne pourra probablement pas les respecter, et peut-être, ne voudra même pas. Mais la miséricorde est aussi peu naturelle à l’homme déchu, tout comme la justice.

On ne peut obtenir l’une et l’autre qu’en manifestant cette retenue devant Dieu, dont parle le prophète. Il ne s’agit bien sûr pas qu’on doit avoir honte de Dieu. Il s’agit du fait que l’homme, souhaitant obtenir la justice et la miséricorde, devrait suivre Dieu, et non pas courir devant Lui, tournant périodiquement du chemin, comme court parfois devant son maître dans la forêt un jeune chien. En effet, seulement en suivant Dieu on peut recevoir de Lui ces forces et possibilités, qui font du juste un juste et donnent à celui qui souhaite observer la Torah la force de réaliser son intention.