RÉFLEXIONS pour Lc 1:1-25 — le 9 juillet 2019

RÉFLEXIONS pour Lc 1:1-25

L’Évangile selon Luc ne commence pas comme les autres Évangiles. Habituellement, le récit évangélique commence par la description d’événements liés d’une manière ou d’une autre à Jésus Lui-même ; Luc, lui, commence son récit par la conception miraculeuse de Jean le Baptiste. Bien sûr, Jean le Baptiste jouera son rôle, extrêmement important et absolument unique, dans les événements évangéliques. Pourtant, aucun évangéliste ne lui accorde autant d’attention que Luc. D’ordinaire, les Évangiles décrivent déjà Jean le prédicateur, qui apparaît en quelque sorte de nulle part, comme s’il était né dans le désert même où retentit sa prédication.

Luc veut manifestement inscrire cette figure mystérieuse dans l’histoire réelle dont le ministère de Jean faisait partie. Mais il ne nie nullement le miracle dans ce qui arrive : la conception et la naissance de Jean furent sans aucun doute liées à l’intervention directe de Dieu dans les événements qui se déroulaient à Jérusalem, dans la famille d’un prêtre nommé Zacharie (v. 5–20). Nous nous trouvons ici devant une situation décrite plus d’une fois dans l’Ancien Testament : un enfant naît à un couple sans enfants au moment où, naturellement, il est tout à fait évident qu’il ne peut plus venir au monde.

Il n’est pas étonnant que la naissance d’un tel enfant ait été perçue comme un miracle, comme une action directe de Dieu qui, dans ce cas, rend réel un événement sinon absolument impossible, du moins presque incroyable. Et, bien sûr, comme tout miracle de Dieu, le miracle de la naissance de Jean demeure pour nous, à bien des égards, un mystère semblable, par exemple, à celui de la naissance d’Isaac. Mais ce mystère n’a rien de commun avec l’aura mystérieuse dont la rumeur populaire entourait la figure de Jean lorsqu’il commença à prêcher.

Peut-être Luc commence-t-il son Évangile par le récit de la naissance miraculeuse de Jean précisément parce qu’à l’époque où il l’écrivait, trop de légendes étaient déjà apparues au sujet de Jean et peut-être même de Jésus Lui-même (v. 1–4). Plus tard, ces légendes, nées d’une imagination orientale foisonnante, devinrent le fondement de la littérature apocryphe, où l’image du Christ prenait souvent des traits entièrement fantastiques et où les miracles revêtaient des formes chimériques. Luc, lui, nous fait sentir le souffle du miracle authentique, qui a toujours sa place dans le monde, un miracle proche et qui pourtant ne cesse jamais d’être un mystère, tout comme le Royaume lui-même.