RÉFLEXIONS pour Rm 7:24 — le 1 juillet 2019

RÉFLEXIONS pour Rm 7:24

Comme on voit, Paul appelle ce corps, qui après la chute est devenu pour l’homme tout à fait naturel et organique, «le corps de la mort». Que veut-il dire par cela? La toute première et la plus simple réponse : notre corps actuel est «le corps de la mort» parce que dans son état actuel tôt ou tard il mourra inévitablement. Mais dans cette signification, dans laquelle est utilisé dans les livres bibliques le mot correspondant grec (comme, d'ailleurs, et juif), le corps signifie encore et le récipient, un récipient rempli de n'importe quel contenu. Avec une telle compréhension «le corps de la mort» n'est plus déjà simplement un «corps mortel», mais «le corps — récipient de la mort». Et à peine il s’agit d’une mort purement physique.

Pour la compréhension de ce dynamisme il est important de se rappeler que la Bible n'a jamais considéré la vie humaine purement spiritualiste, comme c'était naturel, par exemple aux philosophes grecs, qui regardaient la vie, comme un processus purement spirituel, et regardaient en général le corps et tout naturel, comme «la prison de l'esprit». Avec une telle approche, le corps devenait pour eux une sorte de prison naturelle, dans laquelle est enfermée l'âme immortelle liée au monde spirituel. La Bible regarde l’homme autrement : l’homme —est un être entier, mais dans sa vie, en fonction de l'état spirituel, peut prédominer soit la composante naturelle, soit la composante spirituelle.

Ainsi, avant la chute la force vive («l’âme») de l’homme était liée à ce souffle de vie, que Dieu a insufflé à l’homme «aux narines» lors de la création, mais après la chute elle s'est trouvée liée au sang, comme chez les animaux. Comme on voit, avant la chute dans la vie de l’homme prédominait la composante spirituelle, mais après la chute la naturelle a prévalu. Ce n'est pas étonnant qu'avec une telle prédominance le corps de l’homme cesse d'être le réservoir de la vie et devienne le réservoir de la mort : car pour la nature, la mort est une propriété naturelle. Mais pour Paul, est important encore un aspect du problème lié à la Torah, et, en particulier, la Torah intérieure : il sent une puissante, venant de sa propre nature corporelle, résistance à chacune de ses aspirations à suivre la Torah et marcher sur le chemin de la justice.

Comme on voit, pour l'apôtre la prédominance en l’homme déchu de la nature sur l'esprit devient le principal problème : car c’est notamment l'inflexibilité de la nature non transformée, sa résistance aux influences spirituelles qui fait le corps de l’homme le corps de la mort, maintenant déjà non plus seulement au sens du récipient de la mort, rattrapant inévitablement après la chute l’homme, mais aussi au sens du principal obstacle à une vie spirituelle entière, l'obstacle, qui peut devenir la raison de la perte du Royaume. Et l'apôtre est conscient qu'il faut se libérer d'un tel corps : puisqu’il comprend qu'avec cela il peut tout perdre, y compris le plus précieux qu’il a.