RÉFLEXIONS pour Ис 8:23 — le 20 juin 2019

RÉFLEXIONS pour

La lecture d’aujourd’hui comprend un hymne messianique (v. 1–7), qui relie le ministère terrestre du Messie à la Galilée, lieu qui, sur le plan religieux, n’avait rien de remarquable. Il n’y avait ici aucun grand centre religieux yahviste comme ceux qui existaient plus au sud, en Samarie, et même Jérusalem avec son Temple était, à l’échelle locale, assez éloignée. Pourtant, rien de tout cela n’a empêché la Galilée d’entendre la prédication du Messie-Christ ni de devenir le lieu où le Sauveur passa son enfance. La grandeur extérieure et l’ancienneté d’une tradition ne favorisent pas toujours l’œuvre de Dieu. Qui sait ce qu’aurait été l’enfance de Jésus s’Il l’avait passée non dans la paisible Nazareth, mais à Jérusalem ?

Le dessein de Dieu exige souvent le silence et l’effacement, surtout au commencement, lorsqu’il commence seulement à s’accomplir. Les projets humains, au contraire, supposent souvent dès le départ le bruit, la renommée et cette grandeur terrestre que l’homme déchu aime tant (v. 8–10). Ce n’est pas par hasard que la lecture d’aujourd’hui oppose la Galilée méprisée de tous au royaume d’Israël.

L’ironie de la situation était que la Galilée faisait partie de cet État, quoique pas entièrement, mais qu’elle y passait pour une périphérie reculée, sans intérêt ni caractère remarquable. Toutes les grandes villes, tous les centres politiques et religieux importants du pays se trouvaient plus au sud, en Samarie. La Galilée était une région frontalière, déjà peuplée en partie de païens (c’est pourquoi le prophète la qualifie de « païenne », v. 1). Mais les siècles ont passé, et du royaume d’Israël, dont les souverains s’enorgueillissaient de la grandeur d’un pays en réalité fort petit, il ne reste que des souvenirs. Aujourd’hui, la ville la plus célèbre de son territoire n’est même pas Béthel, qui était la capitale religieuse du Nord et l’un des plus anciens centres religieux yahvistes, mais Nazareth, qui n’existait pas encore à l’apogée du royaume du Nord et qui, par la suite, ne se distingua nullement par sa renommée, jusqu’à ce que la rende célèbre Celui dont Isaïe avait témoigné.