RÉFLEXIONS pour Jn 11:45-57
Beaucoup de gens aujourd'hui encore approuveraient les motifs des grands prêtres et des pharisiens : après tout, ils se soucient du bien-être et de la sécurité du peuple et ne veulent pas attirer sur leurs compatriotes le coup des Romains. Nous avons souvent entendu le raisonnement selon lequel il vaut mieux qu'un seul homme meure pour le peuple plutôt que la nation tout entière ne périsse, avec cette seule correction que le nombre de ceux que l'on proposait de sacrifier dépassait largement un seul homme. Cela rappelle qu'il y a bien des années, on posa à des lycéens la question suivante : « Si un physicien et un mécanicien se noyaient en même temps, lequel sauveriez-vous ? » Toute la classe répondit d'une seule voix : « Le physicien ! »
Mais celui qui ne voit aucun problème à faire périr une seule personne est capable de faire périr toutes les autres. Chaque personne rejetée au nom d'un « but supérieur » est sans prix, et avec elle, c'est encore une fois le Christ qui est rejeté.
Celui qui sacrifie les autres espère être parmi les survivants. Mais la mise à mort n'a rien empêché : quarante ans plus tard, ce que les membres du Sanhédrin redoutaient s'est précisément produit. Caïphe ne donnait nullement à ses paroles le sens que l'évangéliste en tire, pourtant les mots de Jean ne sont pas forcés. Le Christ est mort pour le peuple, non pas au sens où l'entendait Caïphe, mais Il est mort pour nous sauver.
