RÉFLEXIONS pour Jn 1:1-17 — le 28 avril 2019

RÉFLEXIONS pour Jn 1:1-17

Le poème évangélique sur le Verbe qui était au commencement est devenu plus d’une fois l’objet de toutes sortes de réflexions théologiques, souvent très abstraites. Pourtant, il n’est lui-même aucune abstraction théologique. Au contraire, plus que tout autre texte biblique, il témoigne du caractère concret de Dieu.

Bien sûr, la Bible est loin de représenter Dieu comme une force impersonnelle ou une énergie sans visage. Tout entière, elle nous parle de la volonté et de la providence de Celui qui a créé le monde. Mais le mystère de la personne de Dieu, le mystère de Sa vie intérieure, reste un mystère. Comment est-Il ? Comment Se connaît-Il et que sait-Il de Lui-même ?

Il est bien sûr impossible de répondre exactement à ces questions : il n’appartient pas à l’homme de pénétrer les mystères de la personne de Dieu. Mais le poème sur le Verbe entrouvre ce mystère devant nous. Qu’est-ce qu’un mot ? Pour nous, il témoigne d’une pleine prise de conscience de la réalité : ce qui a reçu un nom a été pensé et compris, sinon jusqu’au bout, du moins jusqu’à la limite au-delà de laquelle nous ne sommes pas encore capables de pénétrer.

Pour Dieu, dans Sa relation au monde, une parole est un moyen, un instrument qu’Il utilise pour réaliser Ses plans et Ses desseins. Mais qu’est Son Verbe pour Lui-même ? Il existe depuis aussi longtemps que Dieu Lui-même ; Il est donc éternel et Il est Lui-même Dieu. Il révèle quelque chose — mais quoi ? À qui ? Révèle-t-Il Dieu à Dieu ?

Peut-être. Car Dieu Se connaît, et dans Son éternité on ne peut être d’abord celui qui connaît, puis celui qui est connu : ici tout est ensemble et tout est à la fois. Dieu, Se connaissant Lui-même, demeure éternellement et pour toujours à la fois connaissant et connu. Et cette vie intérieure du Créateur, ce mystère de Sa connaissance de Lui-même, se trouve, par l’incarnation du Verbe, mystérieusement lié à Son Royaume : le Verbe s’incarne dans la personne du Christ, et le Christ apporte au monde le Royaume lié à la plénitude du Verbe qui était au commencement.

La vie du Royaume et notre salut sont ainsi liés à la profondeur même de la personne de Dieu, à cette profondeur où rien n’est ni ne peut être accidentel. Cela signifie que nous-mêmes ne sommes pour Dieu ni accidentels ni secondaires ; nous Lui sommes aussi absolument importants qu’Il est absolument important à Lui-même. Telles sont notre joie et notre espérance.