RÉFLEXIONS pour Ex 12:49 — le 23 mars 2019

RÉFLEXIONS pour Ex 12:49

La Torah exige de nous, manifestement, la même attitude envers tout homme, qu’il soit pour nous « des nôtres » ou « un étranger ». Cela ne signifie pas du tout que Dieu ne fasse pas de distinctions entre les hommes, entre Son peuple et les autres peuples. Dans la même Torah, les exigences envers ceux qui voudraient entrer dans le peuple de Dieu, en devenir une partie intégrante et recevoir le droit de participer à la vie religieuse de la communauté sont décrites de manière assez claire : un tel homme devait non seulement accepter le yahvisme comme sa foi et le Dieu d’Israël comme son Dieu, il devait aussi suivre pleinement toutes les normes et règles religieuses, y compris non seulement les commandements et les normes morales, mais aussi les règles de pureté rituelle, auxquelles on accordait partout une grande importance aux temps préchrétiens, y compris dans le yahvisme.

Mais une autre situation était possible : le résident étranger, l’homme venu du dehors qui avait décidé de s’établir parmi les Juifs, avait le droit de vivre parmi eux sans participer à la vie religieuse yahviste, tout en jouissant de tous les droits sauf celui d’une telle participation. Bien entendu, toutes les lois liées à l’interdiction du blasphème et du sacrilège s’étendaient à lui comme aux Juifs eux-mêmes, mais pour le reste il était libre.

C’est précisément cette norme de la Torah qui permit à des tribus païennes entières de vivre sur le territoire de l’État juif sans accepter le yahvisme, en continuant à adorer leurs dieux, comme ce fut le cas au temps de David et de Salomon. Qu’est-ce donc : tolérance religieuse ? Indifférence religieuse envers tous sauf son propre peuple ? Sans doute ni l’un ni l’autre.

La Torah n’a jamais mis le paganisme sur le même plan que le yahvisme, pas plus qu’elle n’a jamais mis les païens sur le même plan que le peuple de Dieu. Il s’agit plutôt ici du respect de la liberté de choix de l’homme dans l’essentiel, dans ce qui concerne sa vie spirituelle et donc sa religion. On ne peut pas, et il est même absurde de, « convertir » un homme en profitant du fait qu’il n’a peut-être tout simplement nulle part où aller.

En outre, le simple fait qu’un païen demeure sur la terre de Dieu ne fait pas encore de lui un yahviste ; la foi ne vient pas d’elle-même, et mieux vaut ne tromper personne à cet égard : celui qui veut accepter le yahvisme doit l’accepter non « automatiquement » en s’établissant parmi des croyants yahvistes, mais en faisant son propre choix et en rejoignant la communauté.

Ainsi la Torah protège la liberté de l’homme et préserve la pureté de la communauté, la délivrant des prétendus « croyants » dont la foi, à l’épreuve, ne se révèle être qu’une formalité et le désir d’être « comme tout le monde ».