RÉFLEXIONS pour 1Co 15:3-5
Les paroles de Paul sur la mort et la résurrection du Sauveur, avec l’ajout « selon les Écritures », sont très curieuses. De quelles « écritures » s’agit-il ? Le mot hébreu correspondant désigne la troisième partie du canon juif de la Sainte Écriture, qui s’est formée beaucoup plus tard.
Au temps de Paul, la Sainte Écriture du judaïsme comprenait la Torah, les Premiers Prophètes, nos livres historiques à l’exception des livres des Chroniques, et les Derniers Prophètes, nos livres prophétiques à l’exception du livre de Daniel, qui n’appartient pas aux prophétiques dans le canon juif.
Dans les livres du Nouveau Testament, le canon juif de la Sainte Écriture est habituellement appelé « la Loi et les prophètes », par quoi sont précisément entendus la Torah, c’est-à-dire le Pentateuque, et les livres prophétiques, les Premiers et les Derniers Prophètes. La troisième partie du canon juif, appelée justement du mot « Écrits », s’est formée beaucoup plus tard, aux IIIe-IVe siècles de notre ère. Cette troisième partie comprenait nos livres sapientiaux, ainsi que les livres des Chroniques, le livre des Psaumes et le livre de Daniel.
Ces livres étaient pourtant apparus bien plus tôt, avant même la venue du Christ, mais à cette époque la Synagogue les regardait comme des livres faisant autorité et utiles à lire, sans toutefois les inclure dans le canon de la Sainte Écriture. La composition des « Écrits » n’était donc pas définie avec précision ; elle variait selon les régions et les traditions locales, incluant souvent des livres non seulement en hébreu, mais aussi en grec.
Il n’est pas exclu que les chrétiens de la première génération aient eux aussi possédé leur propre variante des « Écrits ». Ce n’étaient pas encore, bien sûr, les Évangiles que nous connaissons, mais leur noyau était peut-être déjà consigné par écrit à cette époque.
En effet, le fondement des quatre évangiles est le récit de la résurrection du Sauveur, ce qui n’a rien d’étonnant : c’est précisément la Résurrection qui est le témoignage le plus éclatant et unique en son genre de la messianité de Jésus et de la vérité de Ses paroles sur le Royaume qu’Il a apporté dans le monde. La prédication de Paul comme celle de tous les autres apôtres était construite sur les témoignages de la Résurrection.
Or le récit de la Résurrection est, par sa forme, un recueil de témoignages, et de tels témoignages ont besoin d’être fixés avec le maximum d’exactitude. Il n’est pas étonnant que les témoignages de personnes liés à la Résurrection commencent à être fixés et systématisés très tôt, déjà du vivant de la première génération chrétienne.
Ces récits écrits étaient sans doute bien connus des premiers chrétiens, et Paul pouvait s’y référer, certain que ses auditeurs savaient ce qu’il avait en vue. Ainsi le témoignage personnel était complété par des sources écrites : les sources écrites témoignaient de la fiabilité de la Résurrection comme événement historique réel, tandis que l’expérience personnelle attestée par des témoins tels que Paul, par exemple, prouvait que la Résurrection n’est pas seulement de l’histoire, mais aussi une réalité de la vie de tout chrétien, quel que soit le lieu et le temps où il vit.
