RÉFLEXIONS pour Hebraeos 10:32-39 — le 1 février 2019

RÉFLEXIONS pour He 10:32-39

Poursuivant son propos sur la fidélité à l’alliance conclue une fois pour toutes, inséparable de la fidélité à l’Église, l’auteur de l’épître rappelle à ses lecteurs les persécutions qu’ils ont dû subir auparavant, probablement avant même la catastrophe de l’an 70 (v. 32-34). Ce rappel n’est manifestement pas fortuit : car la fidélité au temps des persécutions n’est possible que lorsque le Royaume est pour les persécutés une réalité évidente et immédiate de leur vie, évidente au point que même la mort physique ne les effraie pas ; car la vie du Royaume est plus grande que cette vie physique que l’on peut enlever à l’homme dans notre monde encore non transfiguré. Et maintenant l’auteur veut manifestement rappeler à ses destinataires ces temps où le Royaume était pour eux quelque chose de si manifeste que personne n’aurait songé à douter de sa proximité. La principale source de doute pour les fidèles fut, semble-t-il, le fait que même alors, après cette catastrophe dont le Sauveur avait parlé comme d’un événement précédant directement Son retour dans la gloire, le triomphe complet et définitif du Royaume était manifestement différé, et différé pour une durée indéterminée, car Jésus n’avait laissé à Ses disciples aucun autre repère à ce sujet.

Une telle situation n’effrayait pas tant qu’elle ne refroidissait beaucoup de personnes, de sorte que l’auteur de l’épître devait rappeler que l’histoire de la formation du Royaume et de son déploiement dans notre monde en voie de transfiguration, mais pas encore transfiguré, est encore loin d’être achevée. C’est pourquoi il appelle les fidèles à ne pas céder à l’abattement et à la déception, en les assurant que le retour du Sauveur est proche (v. 35-37). Bien sûr, il ne s’agit pas ici de dates concrètes : même Jésus Lui-même refusait d’en parler. Il s’agit d’autre chose : maintenant que s’est accompli ce qu’Il avait dit au sujet de Jérusalem et du Temple, l’histoire est entrée dans sa dernière ligne droite, qui mène directement au seuil du Royaume. C’est précisément maintenant, alors qu’il semble qu’il n’y ait plus rien à attendre, que la probabilité du retour du Sauveur est plus grande que jamais. Et c’est précisément maintenant que les fidèles ont besoin, plus que jamais, d’une disponibilité spirituelle, donc d’une résolution qui ne connaît pas d’hésitation (v. 38-39). En effet, il serait insensé et douloureux de perdre le Royaume à cause de la déception, du refroidissement et de l’indécision, au moment où l’on peut attendre chaque jour et chaque heure son triomphe complet et définitif.