RÉFLEXIONS pour 2 Тим 2:19
En parlant du fondement spirituel posé par Dieu, Paul cite deux passages du livre des Psaumes et de cette littérature que nous appelons aujourd’hui sapientielle, ou écrits des sages : « Yahvé connaît les siens » et « que se détourne de l’iniquité quiconque confesse le nom de Yahvé ». Dans ces deux sentences est exposé brièvement l’enseignement yahviste et juif sur la justice tel que nous le trouvons dans la Bible. La justice n’est pas affaire humaine, mais affaire de Dieu. Dieu seul est juste, à Lui seul la justice appartient comme quelque chose d’inaliénable. À l’homme, au contraire, elle n’appartient pas naturellement. Pour l’homme, la justice n’est ni une propriété ni une qualité ; elle est seulement un état dans lequel l’homme peut demeurer, et un tel séjour contredit la nature humaine déchue.
En un certain sens, on pourrait dire que l’homme ne peut être juste qu’en dépit de lui-même, non pas de son vrai lui-même, bien sûr, mais de ce qu’il est devenu après la chute. Mais demeurer dans l’état de justice n’est possible pour l’homme que lorsque Dieu le « connaît », dans la présence de Dieu. Certes, Dieu voit et connaît chacun d’une manière ou d’une autre, et personne ne peut se cacher de Lui nulle part. Mais Sa présence immédiate auprès de l’homme n’est pas simplement la connaissance du fait que telle personne vit dans le monde, ni même cette omniscience grâce à laquelle aucun cœur humain n’est caché à Dieu.
Il y a toujours ici la volonté de Dieu directement tournée vers une personne concrète, ce qui est impossible si l’homme lui-même ne cherche pas Dieu et ne tend pas à la communion avec Lui. C’est grâce à cette aspiration que l’homme devient pour Dieu « l’un des siens », non pas au sens où il deviendrait le favori de Dieu, mais au sens de relations conscientes entre l’homme et Dieu. Mais la conscience suppose aussi autre chose : celui qui a conscience de ses relations avec Dieu et les place au premier rang doit construire sa vie en conséquence, en gardant en vue la Torah, et avant tout la Torah intérieure.
C’est seulement si le commandement devient pour l’homme un impératif intérieur, spirituel et moral, que l’homme pourra non seulement prendre conscience de ses relations avec Dieu, mais aussi les rendre stables. Et lorsque les relations avec Dieu sont stables, le péché conscient et volontaire ne peut plus avoir de place dans la vie de l’homme. Bien sûr, chacun peut trébucher et tomber, mais de telles choses se produisent généralement en dehors de la volonté de l’homme. Cette construction de relations conscientes et stables avec Dieu est le fondement spirituel dont parle l’apôtre.
