RÉFLEXIONS pour 2Th 3:1
Quel lien y a-t-il entre la prière et le témoignage? La première chose qui vient à l'esprit: sans la prière, sans une communication constante avec Dieu, aucun témoignage n’est possible. Est possible seulement la théologie sèche, les raisonnements théoriques sur Dieu, sur le Christ, sur le Royaume. On ne peut pas dire que de tels raisonnements seront absolument erronés, ils peuvent tout à fait être formellement non seulement corrects, mais même irréprochables, cependant ils ne seront pas un témoignage. Et quand il s’agit de la vie d'église, la prière pour ceux qui témoignent en un moment précis, est quelque chose de tout à fait naturelle et qui va de soi.
Mais c’est seulement un aspect de la chose. L'autre est lié au fait qu’on ne peut témoigner réellement du Royaume qu’à partir du Royaume même. Jusqu'à ce que le témoin ne commence à vivre sa vie, tout son témoignage sera dans une plus grande mesure le témoignage de l'expérience d’autrui, que de son propre. Mais en fait, surtout l'Église n’est rien d’autre que ce Royaume entrant dans notre monde. La tâche principale et, au fond la seule de l'Église est de témoigner du royaume, et le principal moyen d'un tel témoignage — la manifestation du Royaume dans notre monde se transformant, mais pas encore transformé, la manifestation de son souffle, son amour, sa force. Et tout témoignage de chaque membre de l'Église devient, au fond, une partie des témoignages communs d’église.
Il ne s’agit bien sûr pas dans ce cas présent de l'appartenance formelle à telle ou autre structure d'église et non plus des sanctions formelles. Il s’agit plutôt exactement de ce qu’écrit l’apôtre dans son épître: de l'unité du Royaume, qui se manifeste dans l'espace spirituel commun de l'Église, qui, certainement, ne coïncide pratiquement jamais avec l'espace social des structures d'église. Et puisque l'espace spirituel de l'Église est commun, les distances pour la vie spirituelle de l'Église cessent d'avoir une signification décisive: la prière d'une communauté d'église peut devenir un soutien spirituel pour l'autre, dont les membres doivent témoigner particulièrement beaucoup en raison des circonstances.
C’est notamment ici que se manifeste, comme on voit, la spécificité spirituelle de l'Église, comme, selon l'expression de Paul lui-même «le corps Christique»: peu importe quelle taille qu’il atteigne, son unité essentielle spirituelle ne disparaît pas, rendant possible l’écoulement de l'énergie spirituelle d’une de ses parties à une autre. Le processus, qui devient lui-même un témoignage vivant de la réalité du Royaume : car d'après les lois du monde non transformé une telle chose est impossible. Mais l’impossible dans «ce monde» devient possible dans le Royaume.
