RÉFLEXIONS pour Ez 37:14 — le 17 septembre 2018

RÉFLEXIONS pour Ez 37:14

La vision d’Ézéchiel sur le renouvellement spirituel du peuple de Dieu mettait naturellement de l’espérance dans le cœur de ceux auxquels elle était destinée, les habitants déportés de Jérusalem. Il n’est pas étonnant qu’elle ait ensuite été relue dans le contexte de la révélation néotestamentaire, devenant un symbole de la résurrection universelle. Il n’est pas étonnant non plus que, quelques siècles plus tard encore, toute une théologie liée à l’enseignement sur l’Esprit Saint se soit développée autour de ce texte et d’autres semblables. Mais il importe tout de même de garder à l’esprit que toutes ces constructions théologiques appartiennent à une tout autre époque et, dans une certaine mesure, à une autre tradition. Le prophète, lui, parle du souffle de Dieu, qui rend la vie aux ossements morts en faisant d’eux non seulement un peuple, mais le peuple de Dieu. Et nous avons ici une représentation prophétique, ou plus largement biblique, de ce qu’est la vie, qu’il s’agisse de la vie d’un homme particulier ou de celle de tout un peuple, qui lui aussi se présentait devant Dieu comme une certaine totalité spirituelle. La vie apparaît ici comme un processus non naturel, non biologique, mais spirituel au plein sens du mot, du moins lorsqu’il s’agit de l’homme. Rien d’étonnant : dès la création, Dieu « souffle » à l’homme « dans les narines », en hébreu le texte dit précisément cela, un souffle, ou haleine, de vie qui donne vie à l’homme. Et dans la vision d’Ézéchiel, Il fait la même chose avec tout un peuple. Il apparaît ainsi que la mesure de la vie, ou plus exactement de la « vitalité », aussi bien des individus que des peuples entiers, est déterminée par la mesure de la plénitude du souffle de Dieu. Et cette mesure peut varier depuis celle qui est propre au Royaume, et ici le parallèle avec la résurrection universelle convient tout à fait, car la résurrection pour la vie suppose l’entrée dans le Royaume, jusqu’au minimum caractéristique du shéol, où il ne reste de la vie que son ombre pâle. Et c’est seulement de la relation de l’homme avec Dieu que dépendra la plénitude et l’intensité de sa vie. Il en va de même pour le peuple de Dieu dans son ensemble : au moment du début de l’exil, il représentait spirituellement un tas d’ossements, ce qui s’est répercuté de manière correspondante sur son destin historique. Et lorsque la vie spirituelle du peuple retrouva sa plénitude, son retour sur la terre des pères devint possible. Mais ce retour fut précédé par un autre : le retour à la plénitude de la communion avec Dieu, qui eut lieu alors même que le peuple vivait à Babylone. Sans lui, le retour en Judée aurait été dépourvu de sens et, très certainement, tout simplement impossible.