RÉFLEXIONS pour Lc 5:5
Ce qu'il y a de plus important dans les relations entre les hommes, c'est la confiance. Et dans les relations entre l'homme et Dieu aussi. Une confiance qui se révèle parfois plus haute que sa propre expérience de la vie et du métier, lorsque l'expérience des relations avec une personne atteste que, dans ce cas précis, la confiance peut et doit être placée au-dessus de sa propre expérience de la vie. Pierre ne comprend pas tout de suite qui est Jésus. Plus tard, il L'appellera Messie et Fils du Dieu vivant; pour l'instant, Il est pour lui simplement un juste mystérieux et un maître, peut-être un prophète, mais en tout cas un homme de Dieu, ce dont il n'y a certainement pas à douter.
Et voici que cet homme de Dieu, qui semble ne rien comprendre à la pêche, car la pêche dans le lac de Génésareth est une activité très particulière que seul comprend celui qui l'a pratiquée, conseille de jeter le filet là où il n'a aucun sens de le jeter. Absolument aucun: tout pêcheur du Kinneret le comprend.
Alors, faut-il jeter le filet ou non? Pierre décide qu'il vaut la peine d'essayer. Et la prise est inattendue, et de plus étonnamment abondante. Dieu récompense-t-Il la confiance? Oui, on peut le dire ainsi. Mais il ne s'agit pas seulement de cela.
Il s'agit aussi de ce que signifie une telle confiance, de ce qui se tient derrière elle. Quoi que Pierre ait pensé de Jésus à ce moment précis, il est évident qu'il a fait confiance non seulement à un homme, mais aussi à Dieu. Et d'abord à Dieu. Or faire confiance à Dieu signifie établir avec Lui des relations tout à fait particulières, parce que la confiance suppose des relations personnelles, et les relations personnelles sont toujours uniques. Elles sont donc toujours tout à fait particulières.
Des relations particulières incluent l'homme dans le plan de Dieu, d'une manière ou d'une autre, dans telle ou telle mesure, mais elles l'y incluent nécessairement. Alors, entre autres, un pêcheur peut très bien rencontrer un banc de poissons là où il n'y en a d'ordinaire pas. Simplement parce que l'inclusion dans le plan de Dieu signifie une vie non plus selon les lois de ce monde, mais selon les lois du Royaume, même lorsque celui-ci paraît encore loin. Car pour Dieu, le monde est toujours resté Royaume. Et dans le Royaume, la création obéit pleinement non seulement à Dieu, mais aussi à l'homme. Les poissons y compris.
