RÉFLEXIONS pour 2Co 12:14 — le 13 juin 2018

RÉFLEXIONS pour 2Co 12:14

Les prédicateurs sont divers, et ils prêchent de diverses manières. Cela est particulièrement vrai du christianisme, impensable sans prédication. Mais les chrétiens eux aussi, si l'on parle de l'histoire de la prédication chrétienne, ont prêché de différentes manières. Et la distinction principale, en tout temps, fut la distinction entre prédication-récit et prédication-témoignage.

À l'origine, chez tous les prédicateurs chrétiens, y compris Paul lui-même, la prédication était précisément témoignage, témoignage du Christ et du Royaume. Cela n'a rien d'étonnant: le christianisme n'est pas une religion, mais la vie avec le Christ ressuscité dans Son Royaume, et les premiers chrétiens ne pouvaient parler que de cela. Bien sûr, ils pouvaient aussi parler d'autres choses, mais à la question de savoir ce qu'est le christianisme, ils ne pouvaient répondre que d'une seule chose: de la vie avec le Christ ressuscité dans Son Royaume.

Un tel témoin ne veut rien de l'homme; il veut seulement l'associer à ce qu'il a vécu lui-même, faire de lui, comme lui, un habitant du Royaume en le faisant connaître à Celui qui lui a ouvert ce Royaume. Ainsi Paul, s'adressant aux membres de l'Église de Corinthe, dit qu'il n'a besoin de rien de ce qui leur appartient, qu'il a besoin d'eux-mêmes, afin de faire d'eux les mêmes habitants du Royaume que Paul était devenu à ce moment-là.

Mais une autre prédication est aussi possible: non la prédication-témoignage, mais la prédication-récit. Dans l'histoire du christianisme, cette prédication et ces prédicateurs sont devenus d'autant plus nombreux que le christianisme devenait une religion, acquérant les traits caractéristiques d'une religion: son propre rite, sa doctrine, sa structure.

Désormais, les prédicateurs eurent la possibilité non seulement de témoigner du Christ et du Royaume, mais aussi de faire connaître à leurs auditeurs cette religion nouvelle pour eux, dont les prédicateurs commencèrent à se sentir adeptes. Cela pouvait parfois intéresser les auditeurs, mais malheureusement il arrivait souvent que l'essentiel du christianisme, le Christ et le Royaume, passe au second plan pendant une telle prédication.

Certes, à l'époque primitive de l'Église, les possibilités pour ce genre de prédicateurs étaient moindres qu'ensuite; mais à en juger par la lettre de Paul à l'Église de Corinthe, ils avaient déjà commencé à apparaître: la tradition religieuse juive leur offrait à cet égard beaucoup de possibilités. Paul, on le voit, cherche à établir les priorités afin que le secondaire ne cache pas l'essentiel et n'empêche pas ceux qui cherchent le Christ de Le trouver et d'entrer dans le Royaume.