RÉFLEXIONS pour Jn 14:27-15:7 — le 21 mai 2018

RÉFLEXIONS pour Jn 14:27-15:7

Pour décrire le Royaume, Jésus recourt à l’image de la vigne et du cep, traditionnelle dans le yahvisme et le judaïsme. Mais Il donne à cette image traditionnelle un sens nouveau, lié à l’essence du Royaume qu’Il a apporté dans le monde. Bien sûr, la compréhension traditionnelle du Royaume comme lieu où une seule volonté agit, celle de Dieu qui a créé le monde, trouve aussi sa place ici. Ce n’est pas un hasard si Jésus dit que « le prince de ce monde » « n’a rien en Lui » : le Royaume qu’Il a apporté dans le monde n’existe pas selon les lois de ce monde, de sorte que « le prince de ce monde » ne peut avoir aucun pouvoir sur lui, bien que, demeurant dans notre monde non transfiguré, le Royaume soit constamment en contact avec lui. Mais l’image du cep devient aussi celle des relations du Royaume, où tous sont unis les uns aux autres et au Christ comme les sarments sur le cep. Ce lien est absolu, direct et organique : chaque sarment prolonge le cep ; si on l’en détache, il se dessèche. Tous les sarments partagent une seule vie avec le cep et se nourrissent de la même sève puisée à une seule source. Manifestement, les habitants du Royaume sont liés de la même manière les uns aux autres et au Christ. De ce point de vue, on peut définir le Royaume comme un unique espace de relations qui unit tous ses habitants et au centre duquel se trouve le Christ. C’est précisément la présence du Christ qui fait du Royaume le Royaume. Pour qu’il demeure lui-même, il faut à ses relations une constance et une stabilité inconcevables, dans le monde déchu, pour la volonté humaine blessée par la Chute. Seule la volonté de Celui qui, tout en étant Homme, est resté hors du pouvoir du péché peut devenir le fondement de l’unité stable, condition indispensable de l’existence du Royaume dans notre monde en voie de transfiguration, mais pas encore transfiguré. C’est manifestement ce que le Sauveur veut dire lorsqu’Il affirme : « sans Moi, vous ne pouvez rien faire ». Bien sûr, même dans son état déchu, l’homme peut parfois accomplir quelque chose de bon avec l’aide de Dieu. Mais on ne peut rien faire pour le Royaume qu’en faisant partie du Royaume. Et il est impossible d’en faire partie sans l’unité spirituelle avec Celui qui en constitue le fondement spirituel, l’axe spirituel sur lequel repose le Royaume. Dieu, qui a ressuscité Son Fils d’entre les morts, tient une extrémité de cet axe. À l’autre extrémité, il y a nous, qui nous disons chrétiens et essayons, autant que nous le pouvons, de l’être. Et entre nous se trouve le Royaume, qui entre dans le monde à travers nous.