RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Jn 9:1-38

Nous avons aujourd’hui devant nous un exemple saisissant de ce qu’est un parti pris : les pharisiens interrogent l’ancien aveugle. Tout ce qui se passe ressemble plutôt à un interrogatoire. Ils répètent leurs questions comme en passant, cherchent à prendre au piège l’homme guéri et à trouver dans ses paroles le moindre élément auquel se raccrocher. Lorsque leur réserve de moyens est presque épuisée, ils sont contraints de nier le fait même de la guérison. Ils se conduisent eux-mêmes dans une impasse. Leur opinion semble avoir été arrêtée d’avance : « Cela ne peut pas être, parce que cela ne peut jamais être. » Surtout un jour de sabbat... Malgré une éloquence inouïe chez un mendiant illettré, et manifestement reçue d’en haut, ils restent sourds. « Comment un tel pécheur pourrait-il nous apprendre quoi que ce soit ? » Cela rappelle leurs propres paroles : « Examine et vois qu’aucun prophète ne surgit de Galilée » (Jn 7,52). C’est encore ce même mur contre lequel se brise l’expérience vivante de la rencontre d’un homme avec Dieu. Il est en effet si facile, par nos connaissances et notre ferme conviction au sujet de quelque chose, les nôtres et non celles qui viennent du Seigneur, de blesser autrui et de lui ôter, sinon ses convictions et sa foi en Dieu, du moins sa foi dans les hommes.