RÉFLEXIONS pour 1 Кор 1:18 — le 2 mai 2018

RÉFLEXIONS pour 1 Кор 1:18

Les racines de l'image des deux chemins, dont parle l'apôtre, — le chemin du salut et le chemin de la perdition, partent profondément de la tradition yahviste, et puis judaïque. Le chemin de la justice dans la Torah, et dans d'autres livres bibliques est considéré comme le chemin du salut, et le chemin du péché — comme le chemin à la perdition. Et tout de même le tableau n’est pas si simple. Déjà à l’époque préchrétienne et même prébiblique plusieurs réfléchissaient pourquoi le juste souffre de ce mal qui se trouve dans le monde, et sa justice n'est pas rémunérée selon le mérite. Ce sujet sonne particulièrement vivement dans les livres bibliques, ce qui n'est pas étonnant: car le Dieu de la Bible est un Dieu bon, Qui a donné la Torah à Son peuple et l’a exhorté de suivre le chemin de la justice. Pourquoi Il laisse ainsi assez souvent Ses gens seuls face à ce mal, qui est plein dans le monde?

La mort sur la croix du Sauveur est la réponse à cette question. Certes, il serait plus facile à l’homme déchu avec les meilleures intentions de s'imaginer un monde idéal, où la justice serait rémunérée immédiatement, et le mal aussi puni immédiatement. Mais seulement il ne resterait de chance au salut à personne dans un tel monde: car il n’ y a pas de gens sans péché sur terre. Jésus aurait pu entrer dans le monde en vainqueur triomphant, mais alors Il serait resté Seul dans le Royaume. Et ce n’était pas la volonté de Son Père. Une telle triomphe du Royaume ne laisserait aucune chance à personne. Mais la volonté du Père, exprimée encore quelques siècles avant l'arrivée au monde du Christ par la bouche d'un des prophètes, consiste à ce que le pécheur ne meurt pas, mais qu’il se repente et reste en vie.

Et c'est pourquoi le Royaume entre dans le monde en quelque sorte de manière inaperçue, sans s'imposer à personne avec force et ne profile à personne la menace du châtiment immédiat pour le moindre péché. C'est probablement pourquoi, toutes les tentatives de créer sur terre le Royaume de la justice générale (que ce soit sur un fondement religieux, ou antireligieux) s'achevaient invariablement par un grandiose carnage, n’ayant de relation avec aucune justice. Et Paul montre le chemin du Royaume, comme le seul chemin, sur lequel est possible le triomphe de la justice. Le triomphe conduisant non à la perdition, mais au salut.