RÉFLEXIONS pour Ex 9:1-35
La lecture d'aujourd'hui répond largement à la question de savoir pourquoi Dieu ne pouvait pas, ou ne voulait pas, attendrir le cœur de Pharaon. La réponse se trouve dans la mention du fait que Dieu ne permet pas les plaies d'Égypte simplement pour effacer de la face de la terre l'Égypte et Pharaon lui-même, et l'écarter de Son chemin comme un obstacle importun à Ses desseins. Si tel avait été le seul but, il n'aurait rien coûté à Dieu de l'atteindre bien plus vite (v. 14–16). Mais il Lui importe que, dans l'affrontement avec l'obstiné Pharaon, la puissance de Dieu devienne évidente pour tous (v. 16). On pourrait croire que la meilleure preuve de cette puissance serait la disparition totale de l'Égypte et de Pharaon lui-même de la face de la terre. Mais la puissance de Dieu se manifeste apparemment autrement. Si, par exemple, l'Égypte avait réellement été détruite par quelque monstrueux cataclysme naturel, la puissance de Dieu ne se serait manifestée que comme une force ordinaire de la nature, et le Dieu de la Bible ne se serait alors guère distingué de n'importe quel dieu païen du tonnerre, si ce n'est par une échelle supérieure. Or ce n'est pas ce que Dieu veut. Il ne Lui faut ni cadavres ni ruines, mais des témoins. Dieu ne peut avoir de relations qu'avec des êtres vivants, et seuls les vivants peuvent parler aux autres de leurs relations avec Dieu. La capacité de Dieu à écraser des villes et des pays d'un seul coup n'est manifestement pas quelque chose de fondamental dans Ses relations avec nous. En tout cas, lorsqu'Il S'adresse à l'être humain, Il ne met pas l'accent là-dessus. En revanche, il est extrêmement important pour Lui d'être reconnu comme Maître de l'univers, et Il attend de Pharaon au moins cette reconnaissance, ce minimum sans lequel aucune relation humaine avec Lui n'est possible. Voilà pourquoi le consentement volontaire de Pharaon Lui importe tant. On pourrait croire que ce consentement ne serait de toute façon pas volontaire, puisque toutes les plaies d'Égypte furent, à première vue, précisément une démonstration de force. Mais cette démonstration fut, premièrement, sélective, de sorte que beaucoup de catastrophes naturelles épargnèrent le peuple de Dieu, comme le montre un exemple dans la lecture d'aujourd'hui (v. 25–26) ; deuxièmement, elle fut maîtrisée, puisqu'elle cessait à la demande de Moïse, comme le montre également le passage d'aujourd'hui (v. 33). Tout cela devait faire comprendre à Pharaon que le Dieu des Juifs, qu'il méprise, peut certes tout, mais ne cherche pas simplement à démontrer Sa supériorité. Il veut établir une relation de confiance, tout à fait possible si Pharaon se décide à Le reconnaître comme Maître du monde et, par conséquent, à accomplir ce que Dieu exige de lui. D'abord la reconnaissance volontaire et libre de l'autorité de Dieu, puis seulement l'obéissance à Sa volonté. Mais si le cœur humain persiste dans son obstination, de telles relations deviennent impossibles, et l'être humain commence alors à voir devant lui un autre visage de Dieu, bien moins favorable à son égard.
