RÉFLEXIONS pour Jc 5:1-20
L’intensité avec laquelle Jacques dénonce les riches atteint son sommet. Mais nous voyons ensuite un appel adressé aux opprimés pour qu’ils patientent, et de nombreux adversaires du christianisme se sont souvent écriés à ce propos : « Ah ! les travailleurs doivent supporter l’oppression ! Cela signifie donc que vous, les chrétiens, êtes du côté des exploiteurs ! »
Une lecture attentive et impartiale ne permet pourtant pas une telle interprétation. La juste protestation contre le mal social ne contredit pas les paroles de l’apôtre ; l’épître elle-même en témoigne. Et s’il faut patienter, ce n’est pas pour encourager les oppresseurs, mais parce qu’ils sont déjà condamnés s’ils ne se repentent pas. La protestation violente contre le mal terrestre a trop souvent dégénéré en révolte destructrice qui, après l’effusion de sang, s’achevait par la défaite et un nouvel asservissement. Mais la défense persévérante et patiente de la justice s’est souvent révélée plus féconde et victorieuse. C’est elle aussi un travail, impossible sans patience. Or il faut travailler sous toute organisation sociale ; voilà pourquoi il est nécessaire que nous patientions jusqu’à l’avènement du Seigneur.
Jacques rappelle aussi ici la puissance de la prière, que tout chrétien connaît en principe, mais qui, dans la pratique, est bien trop souvent sous-estimée. À ceux d’entre nous qui ne se croient pas capables d’audace dans la prière, il rappelle le grand prophète Élie, qu’il appelle de façon inattendue un homme semblable à nous (et non pas nous qui serions semblables à lui !). Cela signifie que la force spirituelle donnée par le Seigneur à Élie, Il peut aussi nous la donner. Pourvu que nous l’accueillions.
