RÉFLEXIONS pour Мих 5:3
Michée, comme d'autres prophètes, surtout ceux d'avant l'exil, rattache au Messie le rassemblement du peuple de Dieu, qui, aux jours du Messie, se réunira de nouveau sur la terre des pères, unie autour de Jérusalem. Par les « abandonnés pour un temps », le prophète entend manifestement cette partie du peuple qui, après l'écrasement du Royaume du Nord, Israël, s'est trouvée dispersée dans l'immense Empire assyrien: cette dispersion était perçue, et non sans raison, comme un signe d'abandon de Dieu, comme un châtiment de Dieu pour la partie du peuple qui avait trahi le Dieu de ses pères.
Il faut remarquer qu'au sud, en Judée, on regardait les dirigeants du Royaume du Nord comme des apostats. Et il y avait des raisons à cela: dans leur pays, ils menaient une politique de double appartenance religieuse, et en fait de paganisme, reconnaissant officiellement comme cultes d'État toute une série de cultes païens à côté du culte de Yahvé.
Beaucoup en Judée regardaient l'écrasement du Royaume du Nord comme l'issue logique de cette politique. Mais il fut révélé au prophète, on le voit, qu'un jour viendrait dans l'histoire du peuple de Dieu où le Messie viendrait et où la plénitude du peuple serait restaurée. Bien sûr, Michée voit cette restauration comme un processus plutôt politique que spirituel. Mais la perception prophétique de la réalité spirituelle est toujours à plusieurs plans: derrière la réalité historique, sociale ou politique, se tient toujours la réalité spirituelle.
Il en va ainsi ici: Michée voit le processus spirituel comme un processus politique et étatique. Il voit l'Israël renouvelé tel qu'il serait si, par quelque miracle, revenait soudain l'époque brillante de Salomon. Et l'époque du Messie fut réellement brillante, mais non au sens où le prophète en parle, bien que les apôtres eux-mêmes, au jour de l'Ascension, attendissent encore le triomphe extérieur, la « restauration du royaume pour Israël ».
Le Royaume ne s'est pas révélé tel que les prophètes d'avant l'exil le voyaient. Et le Roi non plus ne s'est pas révélé tel que beaucoup attendaient de Le voir, non seulement au temps de Michée, mais encore à l'époque évangélique. Pourtant, la plénitude du peuple de Dieu a bien été manifestée. Certes, sans grandeur extérieure, sans État puissant conduit par des chefs héroïques. Elle l'a été dans le Royaume qui, selon la parole du Roi, « n'est pas de ce monde ». Et qui n'en est pas moins majestueux.
