RÉFLEXIONS pour Lc 20:5-6
La question posée par Jésus aux pharisiens au sujet de Jean et de sa prédication avec le baptême n'a évidemment pas retenti par hasard. Elle n'était pas fortuite précisément en ce qu'elle devint une réponse à la question sur Lui-même, sur Son autorité et sur Son ministère. Au fond, la question du Sauveur devient, pour les pharisiens qui parlent avec Lui, un test de sincérité et d'honnêteté, avant tout envers eux-mêmes. À première vue, il s'agit de choses non seulement différentes, mais incomparables: Jean, bien que grand, n'est qu'un prophète, tandis que Jésus est le Messie et le Fils de Dieu.
Mais cette différence n'est pas ici si importante. Ce qui importe, c'est seulement ce que les pharisiens qui interrogent Jésus sur Son autorité sont prêts à voir et à entendre. Et à cette question, il leur aurait été meilleur de répondre eux-mêmes. La question sur Jean les conduit justement à une telle réponse. Il n'est pas ici question du Messie, mais seulement d'un prophète que le peuple honorait et contre lequel il était dangereux de s'élever.
Il est tout à fait possible que, si ces mêmes pharisiens avaient répondu directement à Jésus ce qu'ils pensaient, « des hommes », Sa réponse aurait été différente. Il ne prive personne de liberté; Il demande seulement l'honnêteté et la sincérité. L'homme peut se tromper, il peut tout voir sous un faux jour; plus encore, du point de vue du Sauveur Lui-même, tous les hommes se trompent à tel ou tel degré, car aucun homme ne voit la réalité telle qu'Il la voit.
Dans chaque situation concrète, il Lui est ouvert autant qu'à Son Père céleste, et aucun homme ne peut dire cela de lui-même. Mais ce qui Lui importe n'est pas notre absence d'erreur, c'est notre intégrité intérieure, celle-là même qui est inséparable de la sincérité et de l'honnêteté envers soi, et donc aussi envers les autres. Jésus pose aux pharisiens une question dont la réponse devait leur montrer à eux-mêmes s'ils possédaient cette intégrité. Et il apparut que les interlocuteurs de Jésus échouèrent au test.
Ils ne Lui répondirent pas, non parce qu'ils ne connaissaient pas la réponse, mais parce qu'ils eurent peur. Or céder à la peur est le moyen le plus simple et le plus répandu de détruire cette même intégrité intérieure. Dès lors, il n'avait pas de sens pour Jésus de répondre à la question posée par Ses interlocuteurs: Il aurait en effet dû parler, d'une manière ou d'une autre, du Royaume, où l'homme au cœur divisé et aux pensées doubles ne peut entrer. La réponse des pharisiens à la question de Jésus devint aussi la réponse à la question qu'ils avaient eux-mêmes posée. Une réponse triste, mais la seule possible.
