RÉFLEXIONS pour Ph 3:7 — le 21 octobre 2017

RÉFLEXIONS pour Ph 3:7

La vérité connue: tout est connu dans la comparaison. Ce n'est pas étonnant qu’elle soit aussi applicable à la vie chrétienne. Mais alors dans quel sens? Certes, toutes fois, lorsque l’homme éprouve l'appel, et pas nécessairement de Dieu ou de Christ, mais en toute foi nouvelle pour lui, même si philosophique, sa première réaction, comme un néophyte, devient une réévaluation de toutes les valeurs, souvent assez radical. Mais avec le temps, en général, un tel néophyte devient moins radical, et le moins, le plus il cesse d'être néophyte (il arrive parfois que cela soit autrement, mais il faut probablement déjà considérer cela comme une anomalie du développement spirituel). Chez Paul, comme on voit : tout est autrement : sa réévaluation s'est avérée non seulement radicale, mais aussi très stable, la relation exprimée par lui ici à toutes ses anciennes connaissances, il confirme à la longueur de toute sa vie chrétienne. En quoi consiste le problème ici? Car on ne peut aucunement soupçonner Paul de l'immaturité spirituelle!

Comme on voit, le problème est ailleurs. On pourrait certes, encore dire que l’homme qui a vécu la conversion à Dieu et qui s'est engagé dans la voie de la justice réévalue assez souvent toute sa vie ancienne une fois pour toutes, particulièrement, si sa vie était une vie de péchée et aucunement compatible avec la justice. Mais on ne saurait dire de telle chose de Paul: il a choisi Dieu et la voie de la justice bien avant la rencontre sur le chemin de Damas. Qu'est-ce qu’il veut donc dire?

Probablement pour comprendre Paul, il faut éprouver ce qu'il a éprouvé : l'expérience saisissante de la réalité du Christ ressuscité et ce Royaume, qui est entré avec Lui dans le monde. Sur un tel fond, toute chose ancienne devient en effet quelque chose peu signifiant ou du tout insignifiant. Et le problème ici n’est pas que dans le Royaume aucunes connaissances humaines ou l'expérience humaine ne sont nécessaires. Le problème est plutôt dans la qualité de cette connaissance et expérience. Car n’importe quel de notre expérience par définition est l'expérience du monde non transformé. Et une telle expérience est inévitablement limitée.

Et, comme toute chose appartenant à l'ordre non transformé des choses, dans le Royaume elle doit changer, fondre, se transformer. Mais cela sera possible seulement dans le cas où nous ne tiendrons pas à nos connaissances et expériences dans leur ancienne qualité usée. Le plus important ici c’est comprendre qu'en une telle qualité elle convient au Royaume pas plus, que les ordures dans le ménage. Et Paul a compris cela, refusant ce qu'autrefois était la base de sa vie, religieuse et intellectuelle. Et a reçu en échange beaucoup plus : l'expérience vivante du Royaume transformant l’homme avec toutes ses connaissances.