RÉFLEXIONS pour Mc 15:43-16:8
La première réaction des femmes à la nouvelle de la Résurrection est frappante : la peur. Une telle réaction serait compréhensible et prévisible s’il s’agissait des ennemis du Ressuscité. Mais il s’agit ici de disciples dévouées que la nouvelle de la vie de leur Maître aurait, semble-t-il, dû seulement réjouir. Or elles sont au contraire si effrayées qu’elles craignent même de raconter aux autres ce qu’elles ont vu et entendu. Que se passe-t-il donc ? On pourrait bien sûr tout expliquer par le caractère inhabituel et, surtout, inattendu des événements. En réalité, aucun des disciples de Jésus ne s’attendait à Sa résurrection, bien qu’Il leur en eût parlé plus d’une fois. Il est difficile de dire à quoi les femmes venues au tombeau associaient la nouvelle que leur Maître n’était plus là, qu’Il était ressuscité. Peut-être se souvenaient-elles de quelque légende populaire sur les ombres des morts sortant des tombeaux. Plus tard, les apôtres eux-mêmes, en voyant Jésus ressuscité, pensèrent d’abord voir un fantôme, une ombre sortie du tombeau. Mais une autre explication est possible : les femmes décidèrent réellement que le dernier jour était arrivé, ce jour même du Jugement que précéderait la résurrection des morts, lesquels ressuscitent précisément pour comparaître devant Dieu. Une telle conception de la résurrection générale au jour du Jugement était alors largement répandue et communément admise dans la Synagogue ; les femmes venues au tombeau ne pouvaient évidemment l’ignorer. Peut-être s’attendaient-elles à un Jugement prochain pour elles-mêmes et pour tous ceux qui vivent sur la terre. Une telle perspective ne pouvait manquer de susciter une sainte crainte et, en même temps, la peur naturelle de l’homme déchu devant son propre péché. Aucun des disciples de Jésus ne pouvait encore savoir que la résurrection de leur Maître n’était que le commencement d’un processus qui, à l’échelle terrestre, s’étendrait sur plus d’un millénaire. Et les femmes gardent le silence, craignant de parler de ce qui, pensent-elles, les attend.
