RÉFLEXIONS pour Gn 1:1-2:2 — le 15 avril 2017

RÉFLEXIONS pour Gn 1:1-2:2

Le récit biblique de la création du monde est rempli d’une tension intérieure. À première vue, il peut sembler être un récit posé de la succession des jours, dont chacun forme une époque entière, au terme de laquelle apparaît le monde que nous connaissons et dans lequel nous vivons. En réalité, nous n’avons pas devant nous un récit, mais un poème : un poème sur un monde où le chaos lutte contre l’ordre et la lumière contre les ténèbres.

La création n’est pas un processus calme et régulier ; elle s’est accomplie dans une lutte constante contre les forces qui, s’étant opposées à Dieu, se sont donné pour but de détruire Son dessein. Dans le poème, l’eau devient le symbole du chaos. Au début, dans le prologue, aux deux premiers versets, elle n’est que mentionnée comme une partie de la terre arrachée au ciel, de la terre qui a perdu son unité avec le grand monde de Dieu. Puis, le deuxième jour, elle fait irruption dans le monde en un flot impétueux et obscurcit la lumière de la présence divine qui avait illuminé ce monde au premier jour de la création.

Mais Dieu ne renonce pas à Ses desseins. Il ne dessèche pas l’eau, Il se contente de la diriger dans la bonne voie : le troisième jour, l’eau donne naissance aux mers et aux océans ; le sixième, elle engendre la vie, qui deviendra l’instrument principal de Dieu dans Son combat contre les forces des ténèbres et du chaos, depuis l’intérieur du monde qu’Il a créé et que ceux qui s’opposent à Lui ont corrompu. Ainsi agit le Créateur : Il transforme le chaos, changeant une force sombre et aveugle en une force lumineuse et vivifiante, sans laquelle la création est inconcevable.

Rien d’étonnant à cela : même corrompu par le diable, le monde demeure le monde de Dieu. Dieu a le pouvoir de créer et de recréer ; Il peut réparer tout ce que Son ennemi a corrompu. Quant à l’ennemi, il ne peut rien ; il ne peut même pas profiter du fruit de ses efforts, qui lui échappe des mains lorsque le chaos devient l’eau qui engendre la vie. Il ne peut être roi et maître que dans son propre petit monde, séparé du grand monde de Dieu et d’une grandeur presque nulle en comparaison. Il ne nous reste, à nous les humains, qu’à choisir entre deux mondes et deux chemins : le chemin de la vie et le chemin de la mort.