RÉFLEXIONS pour Is 9:8-20
Contrairement à l’hymne de Noël que nous avons lu hier, la prophétie d’Isaïe que nous lisons aujourd’hui s’est accomplie du vivant même du prophète. Il s’agit de la chute de Samarie, détruite avec tout le Royaume du Nord en 722 avant J.-C. Cette prophétie contient plusieurs éléments dont l’actualité retient l’attention. Le prophète parle de gens — d’un peuple croyant — qui ne voient pas dans leurs propres malheurs le fruit de leurs iniquités. C’est précisément ce qui rend la catastrophe inévitable. Peu importe, disent les gens du Nord, que le pays décline, s’appauvrisse et tombe en ruine. Ne nous décourageons pas : nous rebâtirons plus belle encore notre chère... Samarie, bien sûr. Mais, dit le prophète, le peuple ne revient pas vers Celui qui le frappe et ne cherche pas le Seigneur des armées. Ainsi, dans une période de déclin et de désagrégation, lorsque l’économie se meurt, que l’arbitraire se multiplie et que le pays s’effrite comme un château de sable, il serait juste de ne pas seulement chercher comment aménager notre... Samarie, bien sûr. Il serait juste de se demander : « Quel est notre péché qui nous a conduits là ? » — et de chercher le Seigneur des armées.
Les paroles clés de toute la prophétie sont les versets 1–2 du chapitre 10. Le prophète accuse ceux qui promulguent des lois injustes et rédigent des décrets oppressifs, écartent les pauvres de la justice et ravissent leurs droits aux faibles du peuple. Cette dénonciation ne s’adresse nullement aux seuls Péqah et Osée, rois de Samarie à cette époque, mais au pays tout entier. Cette responsabilité commune est peut-être l’envers de l’unité de la nation, de l’unité du pays. C’est pourquoi la cruauté et le caractère tragique de notre histoire sont matière à notre repentir commun.
