RÉFLEXIONS pour Jn 20:29
Ce verset est souvent mentionné lorsque commencent les disputes sur ce qu'ont vécu ceux qui ont vu la Passion du Christ. On le comprend habituellement comme une consolation pour nous qui n'avons pas vu le Christ vivant : nous n'avons pas vu, mais nous croyons tout de même, même si notre foi a moins de fondements que celle des apôtres qui ont vu le Dieu vivant incarné. Il n'est pas nécessaire de voir pour comprendre, en lisant les récits de la Passion dans toute leur force concrète, que la mort de Jésus fut douloureuse et terrible. Alors « bienheureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru » signifie tout autre chose. « Bienheureux » non pas parce que la foi de ceux qui n'ont pas vu les rend saints d'un seul coup. Nous sommes bienheureux, c'est-à-dire heureux, parce que nous n'avons pas vu la Crucifixion. Il nous est plus facile de croire que le Christ est ressuscité, puisque nous n'avons pas vu sa mort, nous n'avons pas vu à quel point elle était réelle, nous ne pourrons jamais vraiment prendre pleinement conscience que notre Dieu était un cadavre, qu'il n'y avait plus aucune espérance. La Semaine sainte dans notre vie est de toute façon déjà sanctifiée par la lumière de la Résurrection qui vient, et c'est là notre bonheur, notre béatitude. Cela ne signifie pas que nous ne devons pas essayer de vivre aussi profondément que possible la douleur de la Crucifixion ; à certains saints il est donné de la vivre presque avec la même force que la Mère de Dieu, à certains sont donnés les stigmates, mais il leur est donné aussi une foi telle qu'aucune douleur ne peut voiler la foi en la Résurrection.
