RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Jc 5:10-11

Jacques tient la longue patience en haute estime. Il donne en exemple à ses contemporains les anciens prophètes et Job, héros du livre biblique qui porte son nom. Bien sûr, Jésus Lui-même a plus d’une fois averti Ses disciples de l’inévitabilité de la souffrance. Et si l’on tient compte du fait que les persécutions dont il était question étaient supposées être davantage la norme de la vie chrétienne que des épisodes, on comprend qu’il faut se préparer à endurer, et à endurer longtemps. Mais l’affaire ne se réduit pas, semble-t-il, à la seule inévitabilité et à la nécessité pratique de la longue patience. En effet, de quoi dépend-elle en général? En principe, une souffrance brève, même forte, est souvent plus facile à supporter qu’une souffrance longue, même si cette dernière n’est pas aussi intense. Rien d’étonnant à cela: les ressources d’un organisme humain sain sont d’ordinaire tout de même assez grandes, et, avec une motivation appropriée, leur mobilisation de courte durée produit un effet correspondant, permettant parfois de supporter même ce qui paraissait auparavant insupportable. Cette motivation peut bien sûr être la fidélité au Christ, mais pas seulement elle: il peut y avoir aussi un élan émotionnel, une conviction intellectuelle, une exaltation religieuse. On ne peut pas dire que tout cela n’ait aucun rapport avec la vie spirituelle, car cela suppose un choix conscient et l’adhésion à une décision prise un jour. Mais une telle vie spirituelle ne sort pas encore du cadre du monde non transfiguré. Quand il s’agit de fidélité au Christ, des relations avec Lui, il faut parler directement de la vie du Royaume, car les relations avec Lui ne sont possibles que dans le Royaume. Ici nous recevons, au fond, une ressource inépuisable, qui permet de supporter les difficultés et les épreuves non pendant cette brève période où s’épuisent les forces humaines, pourtant limitées, mais pendant longtemps, plus longtemps que ne le permettraient toutes les forces humaines. C’est pourquoi l’apôtre estime tant la longue patience dans les épreuves: il témoigne de la qualité de la vie spirituelle de celui qui les supporte. D’une qualité conditionnée par le fait que sa vie, bien qu’elle se déroule encore en partie dans notre monde en cours de transfiguration mais pas encore transfiguré jusqu’au bout, est déterminée non par les lois de ce monde, mais par les lois du Royaume.