RÉFLEXIONS pour Jn 7:25-26
Les représentations messianiques de l’époque évangélique étaient assez développées; il existait même une sorte de théologie «messianique» décrivant tout ce qui concernait le Messie, Son ministère, Son apparence, la manière dont Il devait venir et d’où Il devait venir. On avait aussi décrit et expliqué tous les événements qui, selon les conceptions correspondantes, devaient se produire avant l’apparition du Messie et immédiatement après, y compris les signes et les miracles que le Messie devait montrer publiquement ou en privé à ceux qui devaient les voir, comme preuve de Sa messianité. De tels signes étaient tenus pour nécessaires: sans eux il était impossible de reconnaître le vrai Messie, impossible de Le distinguer des faux messies qui apparaissaient constamment alors en Judée.
L’un des signes du vrai Messie était son acceptation comme tel, notamment par les autorités du Temple, avec le grand prêtre à leur tête, et par les chefs spirituels reconnus de la synagogue. Cette acceptation était tenue pour nécessaire parce que l’on regardait alors le Messie d’abord comme un Roi tout de même terrestre, bien que non ordinaire. Son règne serait accompagné de signes et de miracles extraordinaires, liés à une mesure de la présence de Dieu que le monde n’avait pas connue auparavant; mais le Royaume lui-même, pensait-on, existerait tout de même sur la terre, bien que selon les lois de la Torah données par Dieu. Construire un tel Royaume sans la participation du Temple et du sacerdoce était impossible, tout comme il était impossible de le construire sans la participation du peuple croyant. Le Messie aurait donc nécessairement besoin du soutien du grand prêtre et des chefs de la synagogue.
Et maintenant le peuple regarde: quelle attitude le sacerdoce et les hommes ayant autorité dans la synagogue, que le peuple appelle les «chefs», ont-ils envers cet Homme inhabituel? S’ils ne Lui font pas obstacle, peut-être est-Il vraiment ce Messie que tous attendent? La foule rassemblée ne pensait pas que le haut clergé comme les anciens de la synagogue étaient simplement désemparés, ne sachant que faire, et elle prenait leur embarras pour une disposition à reconnaître la messianité de Jésus. Très vite il deviendra clair que ceux qui pensaient ainsi se trompaient, mais pour l’instant le silence des autorités du Temple et de la synagogue pouvait encore se comprendre de deux manières.
