RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Ap 22:5

Dans le yahvisme, la présence de Dieu se révélait souvent au peuple de Dieu et à certains de ses représentants comme lumière ou comme rayonnement. La nuée lumineuse marquait déjà le lieu de la présence de Dieu au temps de Moïse, qui la vit à Horeb, où il rencontra pour la première fois le Dieu de ses pères. De loin, Moïse prit ce rayonnement pour du feu, mais, s’étant approché, il comprit qu’il se trompait: un vrai feu aurait brûlé en un instant le buisson sur lequel la nuée était descendue. Plus tard, on vit cette nuée lumineuse au-dessus de la Demeure, dans le Saint des Saints du Temple de Jérusalem, on la vit quitter le Temple où il n’y avait plus de place pour Dieu, comme elle se révéla dans la vision d’Ézéchiel; on la vit au jour de l’Ascension, car c’est dans une telle nuée lumineuse que Jésus disparaît aux yeux des disciples frappés de stupeur. Et dans le poème de la création, au premier chapitre de la Genèse, la description du premier jour mentionne le monde créé ce jour-là par Dieu, tout baigné de lumière, traversé par le rayonnement de la présence divine. Il n’est pas étonnant que les ténèbres n’aient pas de place dans ce monde resplendissant de la lumière de Dieu: Dieu sépare la lumière des ténèbres, établissant la distinction entre la lumière et les ténèbres. Mais ensuite, quand le chaos fait irruption dans le monde et que Dieu s’oppose aux forces qui l’y ont laissé entrer, ensuite, lorsque la création de Dieu devient telle ou presque telle qu’elle nous apparaît, le jour et la nuit, la lumière et les ténèbres commencent à alterner dans le monde. Il en sera ainsi jusqu’à sa pleine transfiguration, jusqu’au jour où sa nature même changera qualitativement. Bien sûr, elle ne changera pas d’elle-même: c’est Dieu qui la change par Son souffle, ce souffle du Royaume qui a fait irruption dans le monde le jour de la Pentecôte. Quand cela se produira, le monde se trouvera de nouveau traversé par la lumière de la présence de Dieu, comme au premier jour. Ainsi le monde devient Royaume: car le Royaume de Dieu n’est pas un monde où Dieu se cache derrière le voile de la nature, mais un monde où on Le voit de partout, clairement et nettement. Le rayonnement n’est que la conséquence de cette proximité. Sans lui il n’y a pas de Royaume, pas plus qu’il n’y en a sans le souffle de Dieu qui traverse le Royaume jusqu’à ses confins. Car c’est lui qui donne au Royaume la lumière et la vie. Hors de lui, il n’y a que ce que le Sauveur appelle les ténèbres du dehors.