RÉFLEXIONS pour Ap 22:3-4
On sait que le mot grec «apocalypse» signifie «révélation». Et quand on prononce ce mot, on pense souvent au livre biblique correspondant. Mais plus souvent encore à une catastrophe, à un cataclysme universel, à la fin de tout. Cette manière de voir est répandue aujourd’hui même parmi les chrétiens, sans parler des autres.
Le livre de l’Apocalypse ne se termine pas par la description d’une catastrophe, mais par le renouvellement complet et définitif du monde, par le triomphe du Royaume dont rêvaient les chrétiens de la première génération, espérant qu’il se produirait encore de leur vivant. Et qu’en est-il de l’homme dans ce monde renouvelé? Physiquement, il est manifestement renouvelé comme tout le reste de la création; et spirituellement? C’est précisément de cet aspect spirituel que parle Jean, décrivant la qualité nouvelle de la vie spirituelle des fidèles dans le Royaume pleinement révélé. Dans le Royaume il n’y a rien de «maudit».
Là, il n’y a rien ni personne qui s’oppose à Dieu. Dans l’époque présente, celle du Royaume qui s’avance, l’opposition est évidente, et elle est d’autant plus visible et aiguë que le Royaume se révèle davantage au milieu d’un environnement qui lui est hostile. Mais après la pleine transfiguration du monde, comme on le voit, il n’y restera plus de place pour aucune force hostile à Dieu. Cela est l’image du monde nouveau dans son ensemble; mais qu’en est-il de la personne particulière? Chez la personne particulière, manifestement, les relations avec Dieu et avec le Christ, qui dans les visions de Jean apparaît souvent comme l’Agneau, sont qualitativement transformées et renouvelées.
Désormais, ils voient le Sauveur face à face, ils Le voient tout le temps et non rarement comme auparavant, lorsque le monde se transfigurait mais n’était pas encore transfiguré jusqu’au bout; ils Le voient clairement et nettement, et non comme il arrivait souvent autrefois, lorsque Son visage se laissait entrevoir comme à travers le brouillard. Il ne s’agit pas seulement, bien sûr, d’un changement de la nature physique de l’homme. Il s’agit avant tout du renouvellement de la vie spirituelle, du renouvellement des relations qui unissent l’homme à Dieu et au Christ, de ce renouvellement de l’alliance dont parlait déjà Jérémie.
Des relations nouvelles, obscurcies par aucun péché, constituent le fondement spirituel de cette nouvelle alliance. Or le Royaume est précisément fondé sur des relations: celles de ses habitants avec Dieu et les uns avec les autres, celles de ses habitants avec le Christ, enfin celles du Christ Lui-même avec Son Père céleste. Et quand ces relations deviennent pleinement réelles, alors le Royaume s’ouvre au monde dans toute sa plénitude transfigurante.
