RÉFLEXIONS pour Ac 20:26-27
Les paroles de Paul disant qu’il est «pur du sang de tous» parce que, durant tout son ministère, il a annoncé à chacun la volonté de Dieu rappellent les paroles adressées par Dieu à l’un des grands prophètes d’Israël, Ézéchiel, dont le sens se résumait à ceci: la tâche du prophète est de témoigner de ce qui lui a été révélé par Dieu.
La réaction de ceux auprès de qui il témoigne n’est pas son affaire: si quelqu’un n’écoute pas les paroles du témoin, ce sera son péché et sa responsabilité; le témoin, ayant accompli sa tâche, ne portera pas la responsabilité de celui qui n’a pas écouté ses paroles.
Mais si le témoin se tait, cache son témoignage, et que celui qu’il devait reprendre pèche pendant que le prophète se tait, alors le prophète sera responsable du péché commis par le pécheur au même titre que celui qui a péché. Le principe est manifestement simple: le témoin silencieux, qui refuse de témoigner, devient complice du péché d’autrui.
Paul, manifestement, adopte la même position: il est toujours resté un témoin fidèle du Christ et du Royaume, il n’a jamais caché son témoignage à personne, et désormais celui qui n’a pas jugé nécessaire d’écouter ses paroles répondra lui-même des conséquences de son choix. Mais, bien sûr, dans le cas de Paul, l’affaire se complique encore d’une nouvelle mesure de responsabilité, à la fois pour le témoignage et pour son refus.
Certes, les anciens prophètes témoignaient eux aussi de réalités spirituellement vitales: par exemple, lorsqu’ils reprenaient des individus ou des peuples entiers pour la transgression du commandement, il s’agissait souvent réellement de vie et de mort, du chemin de la justice qui mène à la vie et du chemin du péché qui mène à la mort.
Mais il s’agissait encore d’un choix dans le cadre de l’ordre présent, non transfiguré. Paul, lui, témoigne du Christ et du Royaume, plaçant celui qui écoute devant une situation de choix absolu, choix entre le salut définitif et la perte définitive.
La responsabilité du témoin dans une telle situation est évidemment infiniment plus grande. Mais la responsabilité de l’auditeur pour le choix qu’il fait est aussi beaucoup plus grave. Le comprenant, l’apôtre fait le bilan de son ministère: il n’a repoussé personne, il n’a rien caché à personne, il a fait tout ce qu’il pouvait. Le reste dépend seulement de ceux qui écoutent.
