RÉFLEXIONS pour Ac 17:32 — le 17 novembre 2016

RÉFLEXIONS pour Ac 17:32

La réaction des amateurs athéniens de philosophie aux paroles de Paul sur la résurrection est significative: ils se mettent à se moquer de lui. On pourrait certes mettre cela sur le compte du fait que Paul essayait pour la première fois de prêcher dans un milieu sans lien avec la synagogue, un milieu pour lequel des mots comme «Jugement», «Messie», «Royaume» ne voulaient rien dire. Mais est-ce seulement cela? Même là, pourtant, deux personnes se trouvèrent capables d’entendre et au moins désireuses de comprendre. L’affaire ne tenait donc pas seulement au milieu, peu habitué à ce genre de témoignage. Elle tenait aussi, manifestement, à l’atmosphère même de ce type d’assemblées, dont l’Aréopage d’Athènes était sans doute, dans l’Antiquité, le plus connu. Le problème n’est pas la philosophie en tant que telle. Le problème est dans les philosophes, ou plutôt dans ceux qui se considéraient comme tels. Et d’abord dans le fait que, pour les amateurs athéniens de sagesse, la philosophie avait depuis longtemps cessé d’être une recherche de la vérité, comme elle l’était pour ceux qu’ils tenaient pour leurs prédécesseurs spirituels. Pour Socrate, sa philosophie était une question de vie et de mort, et un jour il donna sa vie pour la vérité qu’il avait découverte. Pour les auditeurs de Paul, la philosophie n’était qu’un passe-temps intellectuel intéressant. Aucun d’eux ne songeait à donner sa vie pour quelque vérité que ce soit; sans doute ne s’imaginaient-ils même pas que la philosophie puisse devenir pour eux source d’un quelconque inconfort dans leur vie. Et voilà que dans les paroles de Paul ils ont dû percevoir une certaine gravité. Cette gravité que ressent parfois même un lecteur ou un auditeur oisif derrière des paroles lues ou entendues. Cette impression n’est pas toujours très claire ni précise, mais elle permet de comprendre que ce qui a été lu ou entendu exige désormais une réponse. Si l’on commence à lire ou à écouter attentivement ces paroles mêmes, elles changeront nécessairement et irréversiblement ta vie. La réaction à de telles paroles peut être soit un réveil spirituel, quand celui qui lit ou écoute secoue sa somnolence intellectuelle et se met à lire ou à écouter de plus en plus attentivement, cherchant à comprendre ce qu’il doit faire ensuite, soit le rejet de ce qui a été entendu et lu, afin que plus rien ne trouble désormais la tranquillité habituelle. Deux personnes se sont réveillées aux paroles de Paul. Est-ce beaucoup ou peu? Dieu le sait. Quoi qu’il en soit, le premier pas était fait.