RÉFLEXIONS pour Mt 25:28 — le 5 novembre 2016

RÉFLEXIONS pour Mt 25:28

La logique du Royaume est une logique étrange aux yeux de ce monde. Il n'y a là aucun nivellement, que nous prenons parfois pour de la justice. D'ailleurs, même lorsqu'il est question de ce vieux monde qui nous est si familier, nous comprenons parfois tout de même qu'il existe des choses qui ne se partagent ni à parts égales, ni « selon la justice ».

Par exemple, l'amour. Ou le talent, non pas celui de la parabole évangélique, où il est question d'argent, mais celui que nous entendons lorsque nous parlons d'un homme talentueux. Ici, nous nous résignons à l'inévitable : il existe des choses qui n'appartiennent qu'à celui à qui elles sont données par Dieu, et à personne d'autre.

Pourquoi donc Dieu agit-Il comme Il agit ? Celui qui a rendu au maître son argent intact a-t-il mal agi ? En raisonnant humainement, il n'a rien fait de mal ; il a rempli son devoir : il n'a pas multiplié la richesse du maître, mais il ne l'a pas non plus dilapidée, rendant intact ce qu'il avait reçu en dépôt.

D'ailleurs, même en raisonnant humainement, on peut deviner que l'argent qui dort dans un bas de laine non seulement ne rapporte pas de revenu, mais parfois se dévalue. Lorsqu'il s'agit de la vie spirituelle et du Royaume, la situation apparaît encore plus clairement. La vie spirituelle est toujours dynamique. Lorsque Dieu créa l'homme, Il souffla « dans ses narines », ainsi lit-on littéralement le texte hébreu, Son souffle, le souffle de vie, et l'homme devint vivant. Or le souffle est un processus ; il ne peut y avoir ici d'arrêt, car il équivaut à la mort. Et le Royaume, tel qu'il s'est ouvert au jour de la Pentecôte, est lui aussi le souffle de Dieu faisant irruption dans le monde afin de le transfigurer.

Quiconque veut participer à sa vie, et simplement à la vie spirituelle, celle même qui unit l'homme à Dieu, doit devenir partie d'un processus où le petit devient grand, où la pousse devient un arbre aux branches nombreuses, où une seule inspiration devient un puissant flot de vie, bref, d'un processus où, avec un talent, on en reçoit dix. Telle est la logique du Royaume, la vérité de sa vie. Si l'on n'y participe pas, on ne gardera pas son minimum, même donné par Dieu. Parce que ce minimum n'est que la semence semée par Dieu, qui peut soit germer et porter du fruit, soit pourrir, ce que Dieu, très probablement, ne permettra pas. Il n'y a pas de troisième voie.