RÉFLEXIONS pour Mt 19:24
Le dialogue entre le Christ et le jeune homme riche est l'un des passages les plus connus du Nouveau Testament. Il suscite de fortes émotions chez la plupart des gens, parce que nous avons aussitôt peur qu'un tel appel puisse aussi nous être adressé, et qu'il nous soit aussi difficile de l'accomplir qu'à ce jeune homme. À ce moment-là, aucune logique ne fonctionne. Il est inutile d'expliquer que cet appel ne s'adresse pas à tous, car dans ce cas, idéalement, il n'y aurait tout simplement plus personne pour acheter les biens que tous vendraient ; il est inutile de rappeler que le Seigneur Lui-même dit que celui qui suit ce chemin acquiert incomparablement plus qu'il ne perd. La peur de se séparer de la possession nous saisit jusqu'au bout des doigts. Nous voyons avec tant d'obstination dans les biens la source de notre être et de notre dignité...
C'est précisément ce qu'a éprouvé le peuple d'Israël à la sortie d'Égypte. L'esclavage garantissait le « minimum vital », et il s'est donc révélé plus désirable qu'une liberté si difficile. Nous aussi, nous nous souvenons de la saucisse à 2,20, pour ceux qui l'ont encore connue, non parce qu'elle était bonne, c'était une rare horreur, mais parce qu'elle était le fantôme d'une sécurité où l'on pouvait végéter tranquillement dans un minuscule terrier sans avoir à se donner la peine de faire confiance à Dieu.
C'est précisément pourquoi cet appel du Christ nous est si important. Même si, personnellement, Il ne t'appelle pas à cet instant à vendre tes biens, c'est un appel qui t'est adressé. L'esclave se distingue de l'homme libre en ce qu'il ne peut pas se séparer de celui qui l'asservit. Si tu ne peux pas te séparer du fantôme de la sécurité, de la possession des biens, cela signifie que tu en es l'esclave, voilà tout. Nous avons donc devant nous un cas particulier de cet appel à la liberté dans le Christ qui retentit dans tout l'Évangile.
