RÉFLEXIONS pour Mt 9:9-13 — le 1 juillet 2016

RÉFLEXIONS pour Mt 9:9-13

Il est intéressant que Matthieu raconte lui-même sa vocation. Il ne donne aucun détail particulier sur cet appel, aucune de ces précisions psychologiques que nous aimons tant. Tout se passe comme dans l’histoire d’Abraham : il fut appelé—et il partit. Tout le reste, nous ne pouvons que l’imaginer. Matthieu est un publicain, un percepteur d’impôts, un agent du fisc, dirions-nous aujourd’hui. Nous comprenons tous combien ce travail est tentant. Autrement dit, il prélève de l’argent sur les gens, apparemment non pour lui-même, mais pour l’État, tout en en gardant aussi pour lui. Et voici qu’au premier mot de Jésus il abandonne tout cela et Le suit. Il y a encore un autre aspect : il perçoit l’argent du peuple de Dieu au profit de la Rome païenne ; aux yeux des Juifs, il est donc doublement pécheur, collaborateur et paria, et personne ne le fréquente. Peut-être voulait-il depuis longtemps quitter ce travail détestable qui pesait sur sa conscience, mais ne le pouvait-il pas parce qu’il n’espérait pas que quelqu’un l’accepterait. Alors Jésus, le Maître, brise ce mur d’aliénation et de désespoir et l’appelle. Combien de fois considérons-nous les autres comme définitivement enfoncés dans le péché et passons-nous à côté d’eux, en nous rassurant par l’idée que, nous, nous sommes croyants et allons à l’église ! C’est à nous que s’adressent les paroles de Jésus : « Allez apprendre ce que signifie : c’est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice. »