RÉFLEXIONS pour Col 1:17 — le 24 novembre 2015

RÉFLEXIONS pour Col 1:17

Que veut dire l’apôtre lorsqu’il dit du Christ qu’« en Lui tout subsiste » ? Et en quel sens « Il est avant toutes choses » ? Bien sûr, viennent d’abord à l’esprit ces représentations traditionnelles du Messie selon lesquelles le Messie avait été conçu par Dieu dès avant la création du monde, de sorte que Sa venue devait nécessairement avoir lieu, et que l’univers existait dès le commencement pour Lui et pour ce Royaume qui devait entrer dans le monde avec Lui. Certes, en parlant des conceptions messianiques juives, il faut tenir compte du fait que les représentations du Royaume qui leur étaient propres étaient parfois assez éloignées de celles de l’Évangile, et que l’image du Messie qu’elles reflétaient était parfois très archaïque, rappelant davantage le Messie d’Isaïe de Jérusalem ou même les représentations du souverain juste propres à la tradition prophétique ancienne. Et pourtant, le Messie demeurait la figure centrale de l’histoire du monde, tant dans le contexte du processus historique proprement dit que dans celui des relations entre Dieu et le peuple de Dieu. Mais Paul, manifestement, a en vue non seulement cela. Il parle du Christ qui participe à la création du monde, et ici il ne s’agit manifestement plus d’un être créé, fût-il conçu par Dieu avant le commencement des temps. On ne peut dire cela que du Créateur. Il est évident que l’apôtre voit dans le Christ le Créateur, le même que Dieu Lui-même. Pour Paul, il est évident que le Christ n’a pas seulement apporté le Royaume dans le monde. Son être n’est pas limité au temps de Son chemin terrestre. Et si, en ce qui concerne l’avenir, cet avenir qui, pour Paul comme pour tous les chrétiens, est déjà devenu en partie présent, on pouvait parler de la résurrection du Christ et de Son retour à venir dans la gloire, comme Roi triomphant de Son Royaume qui n’est « pas de ce monde », alors, en ce qui concerne le passé, on pouvait parler de l’originarité même de la Personne du Messie, de son originarité non seulement au sens des plans de Dieu dont parlait la tradition juive, mais aussi au sens de cette intention de Dieu qui, dans le monde créé, a trouvé son expression la plus adéquate dans la parole par laquelle Dieu crée le monde. Au fond, toute l’expérience prophétique repose sur l’accueil de cette parole dans les limites de la nature humaine, dans la mesure où l’homme de Dieu pouvait l’accueillir. Mais que se passerait-il si venait dans le monde Celui qui est capable de l’accueillir tout entière ? Alors la parole deviendrait le Verbe, recevant en Lui toute la plénitude de Dieu, et l’Homme qui L’a reçu deviendrait l’Homme-Dieu. Et l’apôtre est certain que c’est le Messie qui a reçu le Verbe jusqu’au bout et en plénitude. Et qu’Il est devenu Celui par qui Dieu crée le monde, afin de naître ensuite dans le monde comme Celui par qui le monde sera sauvé.