RÉFLEXIONS pour Jr 5:1-31 — le 29 juin 2015

RÉFLEXIONS pour Jr 5:1-31

La lecture d’aujourd’hui nous permet de mieux comprendre ce que les auteurs bibliques veulent dire lorsqu’ils parlent du « châtiment de Dieu ». Le passage commence par la description d’un tableau spirituel assez sombre : dans tout Jérusalem, il ne se trouve personne qui réfléchisse sérieusement à des réalités aussi fondamentales que la justice (« le droit ») et la fidélité à Dieu (« la vérité ») (v. 1–5). Et cela concerne manifestement non seulement le peuple ordinaire, peu versé dans la Torah, mais aussi ceux qui peuvent et doivent s’y connaître et comprendre ce qu’ils font. Pourtant, le plus terrible ici n’est même pas le péché lui-même, mais une attitude envers Dieu que l’on peut appeler athéisme pratique : les personnes qui connaissent de la Torah tout ce qu’elles sont censées connaître transgressent manifestement les commandements non parce qu’elles espèrent le pardon, mais parce qu’en pratique elles ne croient pas en Dieu (v. 12–13).

Cet athéisme pratique ne devait d’ailleurs pas nécessairement être affiché ; il pouvait fort bien aller de pair avec une religiosité extérieure—et parfois peut-être ostentatoire. Mais ces athées pratiques éprouvaient au moins de l’hostilité envers la prédication prophétique, car les prophètes rappelaient toujours non pas la religiosité extérieure, mais le Dieu vivant et réel, auquel ceux qui transgressaient la Torah préféraient ne pas penser. Pourtant, même dans cette situation, Dieu ne veut pas la destruction complète de Son peuple (v. 10, 18). Il pourrait sembler tout à fait vain de maintenir quelque relation que ce soit avec des hommes qui disent « non » à Dieu. Même l’athée militant a davantage de possibilités de trouver Dieu qu’un cynique froid : car la négation furieuse de Dieu reste encore une relation, et elle peut, sous certaines conditions, se changer en son contraire direct, tandis que le cynisme exclut absolument toute relation ; le cynique n’a besoin de personne et ne s’intéresse à personne, sinon à lui-même. Une seule chose peut éveiller spirituellement un tel homme et le ramener à la raison : une catastrophe, l’effondrement de tous ses projets et de tous ses espoirs, tel qu’il devient parfaitement évident qu’il n’existe aucun moyen de changer la situation par ses propres forces.

Bien sûr, cela ne garantit pas en soi que le cynique reconsidérera son attitude envers le monde, mais c’est tout de même une possibilité. Toutefois, dans ce cas, la catastrophe ne doit évidemment pas être définitive : il deviendrait alors tout simplement absurde de parler d’un quelconque changement de vie, même à l’avenir. Et Dieu permet à Son peuple de traverser une telle catastrophe—une catastrophe à laquelle on ne pouvait survivre spirituellement qu’en s’abandonnant entièrement à la volonté de Dieu et en devenant une partie du reste dont parlaient les prophètes.