RÉFLEXIONS pour Rm 8:26
Il est intéressant, qu’est-ce que Paul veut dire, en disant que parfois, lorsque nous ne savons nous-mêmes pas de quoi prier, «l'Esprit intercède pour nous»? On aurait bien sûr pu se rappeler de l'expérience, probablement familière à chaque chrétien, lorsque la prière que nous commençons par notre propre volonté, est comme si saisie d'en haut, et nous prions déjà non pas seul et même pas nous-mêmes: c’est comme si une certaine force nous soutenait et nous conduisait, la force du souffle de Dieu, et nous comprenons alors que Dieu était tout près et que nous ne sommes plus tout seul. Mais ici c’est tout de même notre prière, nos relations avec Dieu et le Christ. Est-ce ce que l'apôtre voulait dire, ou peut-être, il y a encore quelque chose de plus grand? Ou alors l'émotion si familière à nous cache encore en elle-même quelque chose, dont nous ne pouvons que deviner? Tout le Royaume imprègne le souffle de Dieu; comme chrétiens comme habitants du Royaume, nous ne pouvons ne pas le sentir.
C’est pourquoi, comme on voit, nous éprouvons parfois ce souffle, comme la participation de Dieu dans nos prières. Mais en effet, le Royaume est quelque chose de plus grand, que seul nos relations avec Dieu et avec Christ. Bien sûr les relations sont sa base, mais elle a aussi sa substance spirituelle, que forme ce même souffle de Dieu, qu'on a commencé à appeler par la suite l'Esprit et percevoir comme la troisième hypostase de la Trinité. Mais une telle substance cesse déjà bien sûr d'être seulement une substance, semblable aux substances de notre monde. Car elle est en elle-même pleine de vies, pleine comme ne l’a été aucune substance d’une créature non transformée.
Elle n’est pas simplement la nature, elle est l’incarnation vivante de la sagesse de Dieu et de l'amour de Dieu. Dans notre monde non transformé la nature est inerte, elle résiste à toute influence spirituelle, en tant que telle. Dans le Royaume tout est différent: là-bas la nature est absolument malléable, répondant volontiers à toute influence spirituelle. Et l’homme vivant dans le Royaume, devient une partie de cette nature spiritualisée.
Sa prière devient non seulement l'élément de sa vie spirituelle, mais aussi une partie de la nature du Royaume. Et alors tout le Royaume peut répondre, particulièrement, si celui qui prie s’est soudainement égaré et ne sait pas quoi demander ensuite. Le proverbe de la maison, où les murs aident, est dans ce cas plus que jamais, opportun : dans le Royaume ses habitants sont vraiment aidés non seulement par tous, mais aussi par tout. Et si les mots ne nous suffisent pas, le souffle de Dieu pénétrant le Royaume, parle pour nous. Ou, plus exactement finit de dire ce que les mots nous manquent.
