RÉFLEXIONS pour Rm 14:19
Cela sonne un peu ennuyeux, cela n’inspire pas, n’est-ce pas ? Ce serait bien mieux : « Recherchons ce qui sert à notre affirmation personnelle et au plaisir mutuel ». Le mot « paix » nous rappelle de vieux slogans sur la lutte pour la paix, et « édification », les professeurs les plus désagréables de l’école.
Pourquoi en est-il ainsi ? Comment se fait-il que ces mots magnifiques aient été si déformés dans notre perception ? Car la « paix » n’est pas simplement l’absence de guerre, ni même l’absence d’hostilité. Dans la langue biblique, le « shalom » est l’état de la Création au septième jour, lorsque Dieu, ayant tout accompli, se repose, lorsque tout est « très bon ». Tels sont aussi les « nouveaux cieux et la nouvelle terre » dont parlent les prophètes et l’Apocalypse, ce monde nouveau que l’on peut rapprocher du sens initial du mot grec « cosmos », mot dont vient « cosmétique », parce que le Cosmos est l’univers rempli de beauté. La « paix » est une véritable intégrité, harmonie, ordre et beauté. Et c’est précisément cela que l’apôtre Paul nous appelle à rechercher : une telle paix en nous et dans nos relations les uns avec les autres, qui ne peut être créée que par Dieu.
Et le mot « édification » ne désigne pas une leçon de morale, mais la croissance, l’augmentation du bien, de ce qui est bon. Il y a ici encore une chose étonnante liée à Dieu. Dieu Lui-même est le Bien, et Il est infini ; c’est pourquoi, dans tout ce qui touche à la notion de bien, les lois ordinaires de conservation du type « si quelque chose a augmenté ici, alors autant a diminué là » ne s’appliquent pas. Lorsque nous partageons avec autrui quelque chose de bon, amour, consolation, connaissances, etc., cela augmente chez l’autre, et chez nous non seulement cela ne diminue pas, mais cela augmente aussi d’une manière inattendue : il se produit une édification mutuelle, une croissance mutuelle dans le bien, un mouvement commun vers le vrai Bien, vers Dieu.
