RÉFLEXIONS pour Rm 12:1-8 — le 3 avril 2015

RÉFLEXIONS pour Rm 12:1-8

En parlant de la vie chrétienne et des services dans l'Église, Paul y distingue l'essentiel qui les unit tous entre eux : le renouvellement spirituel de l'homme. L'homme lui-même doit devenir une offrande à Dieu, et cela n'est possible que par le « renouvellement de l'intelligence ». Tout autre service ne peut être considéré comme raisonnable du point de vue chrétien. En effet, le christianisme n'est pas une religion, mais la vie avec le Christ dans Son Royaume.

Tout le reste, y compris tous les services, n'est qu'un mode et une forme de cette vie. Et l'Église n'est pas une organisation religieuse, mais le corps du Christ, comme l'appelle l'apôtre, l'espace spirituel des relations qui unissent les fidèles au Christ. La tâche principale de l'Église est précisément celle-là : demeurer un tel espace, le corps du Christ. Et tout service, pour tout membre de l'Église, s'il s'agit bien sûr d'un service authentique, n'est possible que dans le contexte de ses relations avec le Christ et comme forme d'existence de ces relations.

On pourrait dire que tout service d'Église est, d'un côté, une manière pour le chrétien d'exister dans le corps du Christ, et de l'autre, une forme par laquelle ce corps se manifeste dans la vie du chrétien. C'est pourquoi le « renouvellement de l'intelligence » demeure la tâche principale dans tout service. Dans ses lettres, Paul appelle souvent intelligence ce qui, dans d'autres livres bibliques, est appelé coeur : le « moi » spirituel de l'homme, le noyau et le fondement de sa personnalité.

C'est là que se détermine qui et ce que l'homme sera devant Dieu et devant les hommes : c'est là en effet la source de la volonté de l'homme, et donc de toutes ses intentions, qui déterminent le contenu de sa vie spirituelle. La Torah intérieure est enracinée précisément là, dans l'intelligence au sens où Paul la comprend. Et c'est seulement de là que peut commencer la transformation de l'homme en offrande vivante, afin que son service devienne raisonnable du point de vue chrétien. En effet, dans le yahvisme, le sacrifice était la forme principale de la communion avec Dieu ; l'offrande était sanctifiée sur l'autel par la présence de Dieu qui y demeurait, et l'offrande à son tour sanctifiait chacun de ceux qui en mangeaient en participant au repas sacrificiel.

Ainsi les chrétiens sont appelés à la sanctification afin de porter le Royaume dans le monde, en le sanctifiant par leur présence. Demeurer sanctifié, ne pas perdre cet état, telle est la tâche principale du chrétien ; et on ne peut le garder que par la conscience de sa propre vie, impossible sans le renouvellement de l'intelligence dont parle l'apôtre. La tâche principale du chrétien est d'apprendre à exister dans le Royaume, dans la présence de Dieu qui sanctifie le monde, et à devenir l'instrument de cette sanctification. Tout le reste, tous les services d'Église, ne sont que des formes et des moyens de cette existence, s'ils sont raisonnables.