RÉFLEXIONS pour 2Co 13:8 — le 13 mars 2015

RÉFLEXIONS pour 2Co 13:8

Que veut dire l'apôtre, en disant que lui-même et ses frères n’ont aucun pouvoir contre la vérité, mais pour la vérité ? On aurait bien sûr pu penser que Paul, comme tout prédicateur de la nouvelle doctrine, est persuadé de sa vérité et est sûr du fait que la connaissance de la vérité et la fidélité à la vérité rend l’homme plus fort. Il est persuadé et sûr comme tous les vrais prédicateurs de tous les temps et tous les peuples étaient persuadés et surs de la force de leur vérité. Si le christianisme était une certaine nouvelle doctrine philosophique, s’aurait probablement été le cas.

Et si on parle d’une nouvelle religion, alors à la persuasion s’attache l'assurance du fait que notamment cette nouvelle religion, étant elle-même la plénitude de la révélation, avec l'aide de Dieu d'une manière ou d'une autre gagnera les esprits et les coeurs, et chacun, qui résiste à la nouvelle religion, lance alors un défi non seulement à la nouvelle religion, mais aussi à Dieu.

Mais qu'est-ce qu’on pourrait alors dire du vrai christianisme, qui représente non pas la religion et non pas une doctrine philosophique, mais simplement la vie dans le Royaume, irréductibles aux concepts philosophiques ou théologiques et aux règles religieuses? Il semblerait, qu’il est plus facile de témoigner de la «vie simple». Et d'autre part et plus complexe. Plus facile parce qu'il n'y a rien de plus évident: l’homme vit comme il vit, on ne remplacera la vie par aucun sermon ou aucun raisonnement théologique, tout comme on ne peut la remplacer par aucune déclaration philosophique ou morale.

Si quelqu’un vit avec la vie du Royaume, il devient impérativement un témoin du Royaume. Et alors la force du Royaume commence à témoigner de l'authenticité de son témoignage, et il est vraiment difficile de résister à une telle force. Mais le témoignage de la vie en plus est le plus complexe : car il faut témoigner ici sans arrêt, il n'y a pas de possibilité ici de faire une pause, se détendre, se préparer au témoignage suivant, comme se prépare le prédicateur au sermon suivant, il faut ici simplement manifester cette force du Royaume, qui ne peut être que le vrai témoignage, chaque jour et toutes les heures.

Et si à un moment donné l'habitant du Royaume change ce qu’il vit, son témoignage ne s'interrompt pas seulement ce moment concret, mais devient au fait un anti-témoignage: car une telle trahison dévalorise non seulement ce moment concret de sa vie, lorsque la trahison s'est produite, mais aussi tout ce qui a été dit et fait autrefois. Le témoin cesse d’avoir de relation avec la vérité et perd la force de son témoignage. En effet, on ne peut témoigner du Royaume que tant qu’on vit sa vie.